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Scott Griffin - Une épopée extraordinaire
© Photo le Journal — Donald Courchesne

SCOTT GRIFFIN

Une épopée extraordinaire

Par Manon Guilbert
08-06-2008 | 04h00
Pour Scott Griffin, passion rime avec aventure. En 1996, l’homme d’affaires torontois a pris les commandes de son petit avion monomoteur Cessna 180 et a traversé l’Atlantique jusqu’en Afrique.

Son engagement auprès des Flying Doctors, organisation qui dispense des soins dans les coins les plus reculés du continent africain, a duré plus de deux ans.

Cette extraordinaire épopée lui a donné l’envie de raconter ces années fabuleuses. L’Afrique bat dans mon cœur n’est pas son journal de bord mais bien le récit d’une expérience hors du commun au coeur même d’un continent méconnu.

«L’Afrique, c’est presque trop beau, dit-il pendant que nous survolons la rive sud de Montréal à bord de son monomoteur. C’est immensément grand et les Africains sont d’une grande spontanéité, d’une intelligence instinctive et on y voit tout; la pauvreté, la beauté, la corruption. C’est un continent romantique.»


HOMME D’AFFAIRES
Toute sa vie, Scott Griffin s’est intéressé à l’Afrique. Ses lectures l’ont amené à connaître davantage les problèmes inhérents à l’immense continent.

«J’ai réfléchi, explique-t-il en cherchant les mots justes en français. Je voulais faire quelque chose d’humain. Je voulais offrir mon aide et j’ai choisi de rejoindre les Flying Doctors, qui étaient en sérieuses difficultés financières.»

Scott Griffin a non seulement remis sur pied l’organisation, mais il a mis ses compétences de pilote et son avion au service des médecins et infirmières en les amenant là où les routes sont inexistantes.

«J’ai quatre enfants qui sont grands maintenant. Je pouvais donc tenter l’aventure et en y allant avec mon avion, je savais que je pourrais faire beaucoup. Krystyne, ma femme, est venue me rejoindre.»

«Cet avion, poursuit-il, atterrit n’importe où, dans les champs, dans les déserts. On peut aussi couvrir en peu de temps de très grandes distances. On a fait le tour. J’ai parcouru 23000 milles en calculant les deux traversées de l’Atlantique et les nombreux voyages autour de l’Afrique. Jamais ça n’aurait pu être possible de rejoindre les contrées sauvages avec un véhicule. J’avoue, par contre, que je n’avais pas réalisé toute l’ampleur de l’aventure.»


TÉMÉRAIRE
Tempêtes, problèmes mécaniques, deux écrasements dont il rit maintenant ont été aussi des événements qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Aussi a-t-il voulu compiler ces exploits en les écrivant. «On m’avait d’abord commandé un article pour un magazine, dit-il. J’ai alors réalisé qu’il y avait beaucoup à raconter. J’ai mis deux ans à écrire le livre, paru d’abord en anglais.»

De cette odyssée, Scott Griffin dit qu’il a beaucoup appris. En rompant avec la routine quotidienne et en donnant à sa vie d’homme une toute différente direction, il a grandi. Son travail dans la cause humanitaire l’a sensibilisé à des réalités qu’il n’aurait jusqu’ici pas soupçonnées.

«Je vivais confortablement à Toronto comme homme d’affaires. Mais je sentais que cette vie avait ses limites. Cette expédition a ouvert des fenêtres. Krystyne, ma femme, était tout à fait d’accord avec l’idée, même si elle m’a d’abord cru fou. Elle est une super copilote. Ensemble, on a découvert un monde merveilleux.»

À 69 ans, Scott Griffin n’a pas envie de s’arrêter. Il prévoit un voyage dans l’Arctique jusqu’à la terre de Baffin. Le besoin d’aventures le nourrit et le garde bien vivant. Deux fois par année, il retourne en Afrique pour veiller à l’administration de l’AMREF (African Medical and Research Foundation), à qui seront versés les droits générés par ce livre.

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