GILLES VILLENEUVELa passion de JoannaPar Maxime Demers 27-04-2008 | 10h39
Quelque part entre le récit personnel et l’album de photos (on y retrouve plus de 70 photos dont plusieurs tirées de sa collection familiale), ce livre évite volontairement de revenir sur les exploits sportifs du légendaire pilote québécois de formule 1, qui ont déjà été racontées maintes fois. «Je voulais présenter l’homme et présenter notre vécu sans les événements sportifs», explique Joanna Villeneuve, rencontrée la semaine dernière dans un hôtel du Vieux-Montréal. «Bien sûr, ces événements font partie intégrante de notre vécu car Gilles ne vivait que pour cela. Mais cette façon de vivre pour le sport montre aussi quelle sorte d’homme il était. «J’ai aussi essayé d’aborder l’écriture du livre comme une conversation qu’on a avec quelqu’un. Il y a des photos qui m’ont amenée vers certains souvenirs plus que d’autres. Mais c’est toujours d’abord en rapport avec des émotions vécues plutôt que des événements.» Joanna Villeneuve, qui travaille aujourd’hui comme agente immobilière à Montréal, s’est faite très discrète après la mort tragique de Gilles Villeneuve à la suite de son accident sur le circuit de Zolder, en Belgique, en 1982. C’est le 25e anniversaire de la mort du pilote, l’an passé, qui a été l’élément déclencheur pour l’écriture de ce livre. «J’ai commencé à mettre tout cela sur papier après le 25e anniversaire de sa mort, indique-t-elle. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est justement sa mort, le deuil. Puis ça m’a amenée à la passion, à notre rencontre et ainsi de suite. «Comme tout ce qui a entouré le 25e anniversaire de sa mort m’a rappelé ces souvenirs, cela m’a amenée à une réflexion sur le deuil, mais surtout sur toutes les émotions que j’ai reçues à ce moment. Je me suis rendu compte que les gens étaient encore très émotifs quand ils parlaient de Gilles.
«C’est sûr que tout de suite après sa mort, je n’aurais jamais pu faire cela. Avec le recul, le vécu et l’expérience de vie, j’ai un bagage émotionnel différent par rapport au vécu.»
«Pour moi, ça me semblait le point de départ pour parler de tout ce qu’il y a eu avant. Pourquoi? Je ne sais pas. J’ai commencé avec cela et le reste s’est enchaîné.» Dans le second chapitre, elle revient encore plus loin en arrière pour relater sa rencontre avec cet homme qu’elle a tant aimé et qu’elle décrit comme son «meilleur ami». «À cause de son métier, il avait besoin de quelqu’un avec qui il y aurait un respect mutuel, dit-elle. C’est tellement exigeant d’arriver à faire ce qu’il a fait qu’il avait besoin de savoir qu’il avait une confiance aveugle dans l’autre personne. Ça va plus loin que juste de l’amour. C’est pour cela que je dis qu’il était aussi mon meilleur ami. «Quant à notre rencontre, ç’a n’a pas été le coup de foudre immédiat, ç’a été un amour passionnel. Il n’a pas eu le coup de foudre pour moi non plus. Mais pourtant, il y a quelque chose de plus fort qui s’est construit. Et c’est devenu par la suite un amour passionnel.» Bon ami de la famille Villeneuve depuis longtemps, le chroniqueur sportif Christian Tortora signe la postface du livre.
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