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QUÉBEC

La bande dessinée à l’honneur

Geneviève Riel-Roberge
12-04-2008 | 10h03
Les amateurs de bandes dessinées étaient comblés avec la double séance de dédicaces des auteurs des Nombrils et de Burquette, qui s’est tenue à la boutique l’Imaginaire du Centre Laurier Québec. Deux styles de bandes dessinées complètement différents mais des auteurs tout aussi passionnés.

Maryse Dubuc et Marc Delafontaine, co-auteurs de la série Les Nombrils, mettent en scène deux adolescentes au «look» sexy, Vicky et Jenny, qui multiplient sadiquement les méchancetés à l’endroit de Karine, leur bouc émissaire. Adolescente maigre et dégingandée, Karine possède toutefois beaucoup plus de profondeur que ses deux acolytes, qui lui en font voir de toutes les couleurs.

Histoires de filles

Les ex-victimes du «bitchage» entre filles au secondaire ou dans les collèges privés, tout comme leurs «bourreaux» se reconnaîtront peut-être à travers l’un ou l’autre des trois personnages principaux des Nombrils. Fait anecdotique: Maryse Dubuc a elle-même fréquenté le collège privé pour filles François Delaplace, près de Sherbrooke.

Les coups bas dont est victime le personnage de Karine démontrent… un certain souci d’originalité. C’est le cas lorsque Karine, à la Saint-Valentin, reçoit un valentin de Dan, le gars qu’elle convoite. Jenny et Vicky, en bonnes fautrices de troubles, s’empressent de faire avorter sa sortie avec Dan en inventant que le valentin reçu… n’en est pas un et qu’il s’agit plutôt d’une publicité pour un restaurant sous forme de valentin. Savoureux!

Souvenirs d’adolescence

«On se replonge dans nos souvenirs, pas pour les événements en tant que tels mais plus pour les émotions, les angoisses, les malaises de l’adolescence», mentionne Maryse en entrevue. «Il n’y a pas d’ados autour de nous» précise en riant Marc Delafontaine.

Mais d’où leur vient donc leur inspiration alors? «C’est vraiment le fruit d’un travail, on s’assoit ensemble et on brainstorme» expliquent-ils.

Leur lectorat est majoritairement constitué de filles, ce qui est remarquable. «Il y a une majorité de filles, ce qui est étonnant parce qu’en bande dessinée, souvent, le lectorat est plus masculin» souligne Maryse Dubuc.

Le ton utilisé pousse aussi le lecteur à tourner en dérision des situations qui pourraient être beaucoup moins supportables sinon. «On essaie de partir d’émotions vraies, même si certaines sont très dures. On veut pousser plus loin pour arriver à rire de situations qui pourraient faire pleurer», explique Maryse Dubuc.

Populaires, Les Nombrils

Avec la troisième participation de leurs auteurs au Festival de la bande dessinée d’Angoulême et 160 000 exemplaires vendus de leurs deux premiers tomes, Les Nombrils ont aussi été traduits en anglais, en néerlandais, en turc, en grec et en gaélique, entre autres. Les deux auteurs seront présents du 18 au 20 avril, lors du Festival de la bande dessinée francophone qui se tiendra du 16 au 20 avril au Centre des congrès de Québec.

Qui sait, un projet télé naîtra peut-être de ces bandes dessinées? «Il y a des idées dans l’air, on est en train de réfléchir à certaines possibilités. On n’est pas prêt à édulcorer le propos pour avoir une série télé à tout prix» précise toutefois Marc Delafontaine, dit Delaf.

Burquette: un registre différent

Burquette raconte l’histoire d’une adolescente d’environ 14 ans dont le père, aspirant au titre de grand intellectuel, voudrait voir adopter une conduite plus… sobre. «Il est découragé par sa fille qui écoute Britney Spears et se maquille», explique Francis Desharnais, bédéiste. Aussi tente-t-il de lui imposer son autorité par tous les moyens, dont le port d’une «burka», d’où le titre de la bande dessinée.

«J’ai essayé d’adopter un traitement plus léger pour un sujet qui est quand même assez lourd. La réponse du public actuellement est très positive; pour un premier album, c’est rare qu’on a autant d’attention» ajoute l’auteur, qui, dans la vie, fait de l’animation 2-D.

Ses thèmes? «La tolérance et les relations entre un père et sa fille» explique celui qui s’est lui aussi rendu à Angoulême (France) l’an dernier, après avoir remporté un concours de bande dessinée organisé par l’Organisme franco-québécois pour la jeunesse. Lui aussi sera présent au Festival de la bande dessinée francophone.

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