LES NOMBRILSL’intensité de l’adolescencePar Sarah Talbot 09-04-2008 | 11h53
Dans ce troisième tome, Les Liens de l’amitié, les deux adolescentes mesquines continuent à s’affubler de coups plus bas les uns que les autres alors que Karine confirme qu’elle a effectivement une poignée dans le dos. Les Nombrils ont fait leurs premières apparitions en 2004 dans les pages du magazine Safarir. Désormais éditée par la prestigieuse maison d’édition belge Dupuis (Spirou), la série est disponible dans une dizaine de pays et traduite en presque autant de langues.
Le premier et le deuxième tomes, Pour qui tu te prends? et Sale temps pour les moches, ont été vendus à 160000 exemplaires au total. On estime à 1000 le nombre d’exemplaires des Liens de l’amitié vendus chaque jour dans la francophonie.
Mais comment expliquer qu’autant de gens de divers horizons se reconnaissent à travers les péripéties des trois jeunes filles? Marc Delafontaine et Maryse Dubuc ont réussi à recréer ce que vivent véritablement les ados. Un tour de force, compte tenu que le couple n’en a pas. «On s’est replongés dans notre propre adolescence afin de pouvoir parler avec les vraies émotions vécues par les ados. On ne pose pas de jugements, on ne donne pas de réponses non plus. On compte sur les lecteurs pour qu’ils émettent leurs propres conclusions», explique le couple, joint au téléphone.
Maryse Dubuc croit que l’adolescence vient avec son lot de problèmes, qui sont semblables que l’on soit québécois ou algérien. «C’est à l’adolescence qu’on se découvre en tant qu’individu et qu’on vit pour la première fois des émotions fortes. Par exemple, c’est à ce moment qu’on vit notre première peine d’amour et tout est vécu de manière intense. C’est du pareil au même ici et ailleurs», précise l’auteure.
Et que répondent-ils aux détracteurs qui avancent que Les Nombrils prônent les vêtements microscopiques, les piercings, le culte de la beauté et de la séduction ? Le couple vit très bien avec ça. «Nous comprenons que de loin, ça peut donner l’impression de prôner ce genre d’habillement, mais lorsqu’on lit la BD, on réalise que ce n’est pas du tout le cas», déclare la scénariste. «Au contraire, Les Nombrils dénoncent certains comportements. On comprend que c’est une caricature du culte de la beauté et qu’il ne s’agit pas d’en faire la promotion», ajoute Maryse Dubuc.
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