RAFAËLE GERMAINGin tonic et concombrePar Marc-André Boivin 31-03-2008 | 17h36
Pression Les auteurs qui connaissent un tel succès que ce soit avec un premier ouvrage ou encore, dans une carrière, sont plutôt rares vous diront les spécialistes. « C’est incroyable, je suis la première surprise de ce succès. Je ne m’attendais tellement à rien. C’est comme de l’argent gratuit pour moi », souligne Rafaële Germain d’entrée de jeu. On aurait tendance à croire que de telles ventes ajoutent un peu de pression sur les épaules de Mme Germain, mais celle-ci affirme ne pas avoir fixé d’objectifs particuliers, du moins en ce qui a trait aux ventes. Car de la pression, l’auteure s’en impose assez elle-même tout au long du processus d’écriture. « Bien sûr que je me suis mis de la pression, mais davantage pour ne pas me répéter ou être redondante qu’en ce qui concerne le nombre d’exemplaires vendus. C’est sûr que mes éditeurs vont être déçus si le livre ne fait pas aussi bien que le premier, mais une fois qu’il est écrit, il faut espérer et se croiser les doigts », lance-t-elle avec le sourire. Mme Germain confie que le respect des tombées a aussi été source de distractions au cours de cette période où elle a dû combiner son travail de chroniqueuse pour le journal La Presse ainsi qu’à Radio-Canada, que ce soit pour 3600 secondes d’extases avec Marc Labrèche ou encore à la première chaîne de la SRC, à l’émission Je l’ai vu à la radio. « J’avais mis un an pour écrire mon premier roman, mais pour Gin tonic et concombre, il m’a fallu un an et demi. Une fois que j’ai trouvé mon sujet, par contre, ça va bien. Les gens de la maison d’édition ont tout de même été bien patients », ajoute-t-elle. On retrouve, pour Gin tonic et concombre, un univers semblable à celui exploré dans Soutien-gorge et veston noir. Les amateurs du premier roman ne seront pas trop dépaysés. Les trentenaires Marine Vandale, une femme de 32 ans, attend toujours que le grand amour se pointe. Avec ses amis Laurent, un de ses ex malheureux dans son couple, Julien, un gai qui collectionne les aventures d’un soir même s’il a quelqu’un dans sa vie et Jeff, un coloc plutôt compréhensif, sans oublier une famille pour le moins colorée, Marine continue de croire qu’elle pourra un jour prouver à sa mère qu’on ne peut rien pour empêcher le grand amour de frapper. C’est à se demander ce qui arrive actuellement aux trentenaires. Après des films comme Québec-Montréal, Horloge biologique et maintenant, les romans de Mme Germain, tout porte à croire que cupidon a oublié cette génération. On en vient à la conclusion que des couples heureux en ménage font de moins bonnes histoires. « C’est vrai qu’on aime se compliquer les choses à cet âge. On peut rencontrer quelqu’un, mais en venir à faire de l’autosabotage », explique-t-elle. Si les personnages sont bien sûr très inspirés de ses proches, Rafaële Germain mentionne que l’histoire, de son côté, est totalement fictive. « Je ne suis pas le personnage principal, mais celle-ci a ma sensibilité, ma façon d’être et de voir les choses. Ceux qui l’entourent sont inspirés de mes amis », affirme la fille du non moins célèbre Georges-Hébert Germain, biographe de Céline et récemment de Marc Favreau, pour ne nommer que ceux-là. Pas question de montrer son travail à papa avant tout le monde par contre, l’auteure préférant se fier sur une bonne copine qui peut, contrairement au paternel, passer des commentaires sans fâcher la principale intéressée. Rafaële Germain travaille actuellement à l’écriture d’une version définitive du scénario pour son premier bouquin, mais on ignore toujours quand le film sortira en salle. On peut déjà penser que Gin tonic et concombre pourrait aussi bien se retrouver sur grand écran. Il faut dire que l’écriture de Rafaële Germain est vraie, sans flafla, ce qui peut expliquer une bonne partie de ce succès mérité. |