PHILIPPE BESSONPrendre des risquesPar Manon Guilbert 27-03-2008 | 09h56
Philippe Besson voit tout ça comme un privilège énorme. Dans les marées des nouvelles sorties annuelles, il garde la tête haute et s’en félicite. Pendant quelques jours, il s’est prêté aux séances de dédicaces du Salon du livre de Paris. L’expérience, si elle est éprouvante, lui a tout de même permis de saisir l’enthousiasme de ses lecteurs et de ses lectrices, ces dernières représentant pas moins de 90%de son lectorat. Pourtant, le sujet de son livre n’avait pas a priori ce qu’il faut pour plaire. Le jeune héros policier, fou d’amour pour sa femme, vit le bonheur d’être bientôt père. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsqu’il rencontre dans le sillage de ses enquêtes un jeune acteur dont il tombe éperdument amoureux.
«J’ai une obsession récurrente qui est celle de ne pas écrire ce que j’ai déjà écrit. Je préfère prendre des risques et emprunter des voies où je ne suis encore jamais allé», dit-il, visiblement heureux de constater que cette fois encore on l’ait suivi dans ces dédales.
Rien d’étonnant donc de retrouver chez le personnage du jeune premier des traits similaires à James Dean, de reconnaître chez lui la présence lumineuse de la brève et première apparition de Brad Pitt dans Thelma et Louise. Chez James Dean, l’ambiguïté sexuelle sautait aux yeux, chez Brad Pitt, c’est un charisme indéniable.
«J’ai été profondément ému quand j’ai vu le film Brokeback Mountain, dit-il par ailleurs. Les cow-boys sont les icônes de la virilité et de l’Amérique. On a «détricoté» tout ça, ça m’a touché. On a regardé la vulnérabilité, on a jeté les masques en confrontant les personnages. C’est sur ce mode que j’ai campé mes personnages. Je les ai mis dans cette trajectoire. Ils sont tout à fait ordinaires.»
Dans un rythme syncopé, comme une cascade qui coule et qui court, l’écriture de Philippe Besson a été volontairement évocatrice d’images. À la fin de chaque chapitre, on ne peut poser le livre, l’envie irrésistible de poursuivre est impérieuse. Déjà, quelques mois après la sortie du roman, Philippe Besson a reçu des offres pour les droits cinématographiques. Il est peu étonné puisque déjà deux de ses romans, Les Jours fragiles et Son frère, ont été portés à l’écran. Philippe Besson ne s’éloigne jamais de son autre passion: le cinéma. Présentement, il est à écrire un scénario avec le cinéaste André Téchiné. Pendant que le cinéma lui tourne autour, il a commencé l’écriture d’un nouveau roman dont la sortie, fidèlement à ses habitudes, est prévue pour la fin de l’automne2009.
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