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Marilyn Monroe - Sur les traces d’une illusion
© Photo Le Journal

MARILYN MONROE

Sur les traces d’une illusion

Par Manon Guilbert
13-03-2008 | 12h57
William Reymond, à l’autre bout du fil, sait déjà qu’il a gagné son pari en relevant l’immense défi qu’il s’était imposé: rétablir la vérité sur la mort de Marilyn Monroe.

Depuis plusieurs années déjà, le journaliste français, en poste au Texas pour certains magazines et chaînes de télévision, aime pousser ses enquêtes en dégageant de la croyance populaire les vérités les plus étonnantes. Depuis le début du siècle, il s’est attaqué au mythe américain en écrivant JFK – Le Dernier Témoin, Coca-Cola – L’Enquête interdite et Toxic, reportage-choc sur l’industrie alimentaire.

Il y a trois ans, il s’est mesuré à un mythe gigantesque, celui de l’actrice Marilyn Monroe, morte le 4 août 1962, dans des circonstances mystérieuses. Meurtre ou suicide? Les interprétations ont été nombreuses, et William Reymond a eu envie de plonger au cœur même de ce mystère.


RIGUEUR ET MÉTHODOLOGIE
«J’ai mis du temps puisque, dit-il, il me fallait mettre en place une méthodologie sans faille. J’ai choisi de m’y prendre comme si elle était décédée hier. Je voulais dépolluer tout ça et trouver à travers différentes choses des éléments nouveaux. Depuis longtemps, je me penchais sur les années américaines 1950-1960. C’était l’âge d’or des USA avec sa mafia, le FBI, les Kennedy, Hollywood. J’ai commencé à chercher plus sur cette époque. Au bout d’un certain temps, le contexte s’est dessiné de lui-même.»

Pourtant, William Reymond n’a jamais aimé Marilyn Monroe. Il l’écrit sans s’en cacher dans son prologue. «Je n’avais aucun a priori lorsque j’ai commencé ce livre. Je ne savais pas du tout où cette enquête aller me mener.»

À la façon d’un roman policier plutôt que sur le mode documentaire, d’où est absente toute passion, l’auteur a voulu tenir le lecteur en haleine. En écrivant, il s’est mis à sa place. «C’est d’abord et avant tout une formidable histoire, et moi, je suis un storyteller.»

Le sujet n’a pas mis beaucoup de temps à le fasciner. Jamais il n’a eu de recul ni l’envie de démissionner en mesurant l’immensité de la tâche.

«En vivant aux USA, je suis bien placé pour tirer sur le fil d’histoires qui m’intéressent. J’ai démarré ce projet poussé par l’envie d’en faire le tour.»

Il a nettoyé le mythe et il rend justice à cette femme, avant-gardiste, à qui on a prêté, à tort, le visage de la déchéance.




INTÉGRITÉ
«Je ne suis toujours pas un fan, précise-t-il. Mais j’ai découvert, à travers mes recherches, une femme intègre, très fidèle en amitié. On a dit qu’elle souffrait de psyzophrénie, mais alors comment aurait-elle pu gérer sa propre société de production? Elle était très en avance sur son temps. Quand, en 1968, les femmes ont jeté par- dessus bord leur soutien-gorge, le modèle de Marilyn n’était pas absent.»

Mais William Reymond, en dévoilant le dernier secret de Marilyn Monroe, est bien conscient qu’il s’adresse à ceux qui ont une certaine ouverture d’esprit. D’autres, il le comprend bien, préféreront s’en tenir à de précédentes versions.

«On a du mal à accepter, commente-t-il en référant à la disparition de Lady Diana, que la mort soit banale pour les célébrités. Aux dépens de la vérité, on fait souvent du spectaculaire. Toutes les informations de mon enquête ont été étayées, vérifiées et contre-vérifiées. Je les ai d’ailleurs indiquées tout au long du récit. Je ne développe aucune conclusion sans qu’elle n’ait été prouvée.»


IDÉES ANCRÉES
L’auteur a voulu changer des perceptions qui, depuis 45 ans, tiennent la route avec ténacité. Il l’a fait avec un rare souci de la vérité, en défiant les idées ancrées solidement depuis toutes ces années. En multipliant les entrevues et les voyages, en consultant les archives, en vérifiant dans Internet, William Reymond est arrivé à des conclusions qui réhabilitent la mémoire de Marilyn Monroe. «Le mythe, dit-il, a encore de belles années devant lui.»

Les fans de la blonde actrice, dont les connaissances précises donnent souvent flanc à une rigueur «tatillonne», ont salué avec enthousiasme le travail de l’auteur. Les critiques sont très positives.

William Reymond a suivi les traces d’une illusion, d’une belle histoire. Son souci de vérité n’empêchera pas, il en est bien conscient, la légende de s’accrocher et de nourrir encore l’imaginaire.

Il a voulu rétablir des faits. En dévoilant Le Dernier Secret, William Reymond apporte une réponse à une énigme qui, pendant quatre décennies, a eu la vie dure.

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