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Annie L’Italien - L’envie de faire sourire
© Photo Yvan Tremblay

ANNIE L’ITALIEN

L’envie de faire sourire

Par Manon Guilbert
20-02-2008 | 11h17
Annie L’Italien a de l’humour et pose un regard juste sur les femmes de sa génération. Les trentenaires ayant souvent vécu en couple dans la vingtaine se retrouvent célibataires à l’âge où leurs aînées avaient un mari, une petite famille et une propriété. Les temps changent.

«À38 ans, c’est ce regard que je jette avec humour sur mes amies. Je n’en fais pas nécessairement une généralité. Les traits de mes quatre amies dont je me suis inspirée pour le roman sont exagérés. J’en fais des caricatures. Je commence à me rendre compte que je suis drôle et j’ai eu envie de faire sourire les gens. Si j’y arrive, mon objectif sera atteint.»


LA COMMUNICATION
Annie L’Italien est une pro de la communication. Écrire un roman faisait donc, selon elle, partie de son destin. Pendant quatre ans, entre différents contrats professionnels, elle a poursuivi son objectif et publié son premier livre.

«J’ai eu deux refus d’éditeurs et le troisième fut accepté. Cette décision m’a rendue hystérique, dit-elle en rappelant ce moment marquant. Écrire m’est souvent plus facile que de parler. J’ai appris toute jeune l’importance de la langue française, et si j’en avais les moyens, je ne ferais que ça.»

Témoin de la vie de ces femmes, Annie L’Italien s’est sentie très libre de leur inventer une vie parfois caricaturale, mais souvent basée sur des histoires réelles. Sans se faire le porte-parole d’un mouvement social, elle n’en épie pas moins ses contemporaines à chaque moment de leur quotidien. Entre le boulot qui prend beaucoup de place, les séances de magasinage, la recherche du mec parfait, Annie L’Italien brosse un portrait plutôt réaliste de ces jeunes célibataires.

Ce genre littéraire qui a émergé en Angleterre avec Le Journal de Bridget Jones foisonne tant et si bien que la jeune auteure a hésité avant de s’y mettre aussi. Le chick lit faisant de plus en plus d’adeptes chez les écrivains, elle a voulu se démarquer par son style. Aussi, elle ne fait aucune concession à la langue et n’emprunte pas le vocabulaire des clavardeurs.

Elle insiste pour que sa pensée soit bien transmise. Pour elle, c’est une fierté professionnelle. «Quand on écorche la langue, ça m’écorche aussi!»


L’ORGUEIL
«J’ai beaucoup d’amis célibataires. Il y a quelques années encore, plusieurs d’entre eux étaient en couple. Plusieurs n’ont pas d’enfants. Moi, par exemple, plus jeune, j’étais convaincue qu’à 38 ans, j’aurais deux enfants. C’était convenu socialement comme ça. J’ai plusieurs amies qui le prennent mal et qui font une quête quotidienne pour trouver l’homme. Je ne veux pas, par ailleurs, en faire une blague. Je pense qu’on peut être très heureux tout en étant célibataire.»

Les trentenaires, selon elles, ont vécu à travers leurs mères et ont ramassé au passage, en voulant se hisser dans d’autres sphères, cet orgueil important, inexistant dans la génération précédente.

«On va d’un extrême à l’autre. J’ai du mal à comprendre pourquoi il est si difficile de rencontrer quelqu’un sinon par des sites de rencontre et des gammicks comme ça. Je suis peut-être trop romantique, mais je pense qu’il manque le côté humain à tout ça.»

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