MYLÈNE GILBERT-DUMASL’inspiration venue du froidPar Manon Guilbert 30-01-2008 | 09h49
L’idée lui est venue à White Horse dans un magasin où on l’a servie en français. Émilie Fortin-Tremblay, descendante de Canadiens français venus à la fin du XIXe siècle participer à la ruée vers l’or, l’a aiguillée sur cette période glorieuse où un grand nombre de francophones originaires du Québec ont aussi tenté leurs chances comme une majorité d’Américains et d’étrangers. «C’est elle qui a provoqué mon intérêt, explique-t-elle. Je ne savais pas que beaucoup de Canadiens français avaient fait cette route. Plusieurs Québécoises l’ont faite aussi.
«À 17 ans, elles étaient des femmes. Elles étaient solides. Elles voyageaient et marchaient avec des bagages sur leur dos. C’est leur histoire qui m’a intéressée.»
«Je suis toujours attirée par les faits historiques dont on ne parle pas, dit-elle. En 1897, des femmes canadiennes-françaises sont allées seules tout comme les hommes chercher l’or du Klondyke. C’est comme ça que dans mon esprit est né le personnage de Lili Klondike.» Mylène Gilbert-Dumas a recréé un contexte de vie difficile où quand le fleuve Yukon gèle, il n’y a plus de ravitaillement et où l’isolement est total. Elle a imaginé un Yukon où la prospérité pouvait rimer avec la misère. Elle s’est plongée dans cette histoire et a fait deux fois, en 2001 et en 2006, le voyage jusqu’à l’ouest pour entrer dans la peau de ses personnages.
«Aujourd’hui, dit-elle, j’ai des souvenirs personnels qui font partie de mon roman. Avec les voyages, je me suis un peu dédoublée et je me suis enrichie en imaginant des vies, des personnages de cette époque. Encore maintenant, la ville de Whitehorse grouille d’activités. C’est redevenu prospère avec la valeur de l’or. Il y a encore de la prospection, Ça roule et on y retrouve des familles pour qui la ruée vers l’or fait partie des histoires et légendes familiales.»
Si elle a quitté l’enseignement définitivement pour l’écriture, elle retrouve néanmoins la nécessité d’une même discipline personnelle pour réaliser ses projets. «Un écrivain n’a pas droit au chômage. De plus, mon imagination ne s’arrête jamais. Je suis son cours.»
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