JENNIFER AHERNLe désir d’écrirePar Manon Guilbert 14-01-2008 | 09h15
Ces derniers mois, elle a travaillé à peaufiner les 446 pages de son livre et attendu dans la foulée la naissance de son fils Xavier. Au moment où son roman prend place dans les librairies, son petit garçon célèbre son premier mois d’existence. L’envie d’écrire l’a titillée alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente. Les essais se sont multipliés, mais sans jamais vraiment aboutir à quelque chose qui lui plaise. «J’ai toujours beaucoup lu, dit-elle. J’ai toujours été fascinée par l’histoire et la France du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, m’a toujours attirée.» Il y a deux ans, elle s’est donc mise au travail en tâchant cette fois d’aller au bout de ce désir de raconter une histoire de son cru. Voyages, recherches et imagination ont été les ingrédients nécessaires pour concrétiser ce rêve. «J’ai pourtant fait plusieurs tentatives avant de m’y mettre pour de bon. Mes proches m’ont encouragée. Ceux à qui j’ai fait lire le manuscrit semblaient vraiment contents de me lire.»
Par ailleurs, elle se dit très chanceuse d’avoir trouvé sans trop de mal l’éditeur intéressé. Déjà, elle prévoit une suite à Parfum de courtisane. Le second tome sortira en 2009 et le troisième en 2010. Jennifer Ahern, tout en soignant son nouveau-né, travaille déjà sur son deuxième roman. Ses personnages lui laissent rarement beaucoup de répit.
JENNIFER AHERNLa piqûre de l’HistoireLe roman historique vient de gagner une nouvelle adepte. Jennifer Ahern, que les pages de l’histoire de France ont toujours fascinée, vient de se lancer dans ce genre littéraire.
Avec Noblesse déchirée, la jeune femme vient de donner le ton à une saga évoluant au XVIIe siècle. Marguerite, son héroïne, possède la détermination et le bagout qui conviennent à tous points de vue à l’idée que son auteur se faisait d’une héroïne libérée de toute inhibition. Jennifer Ahern œuvre au quotidien comme coordonnatrice d’une maison d’hébergement recueillant des femmes victimes d’abus. Ses études en sexologie l’amènent à venir en aide à des femmes ayant subi des traumatismes. Volontairement, elle a tenu à ce que ses expériences de vie transparaissent dans son roman. Une fois le décor bien campé, elle s’est laissée aller à imaginer ce qui pouvait s’y passer. Jennifer Ahern a imaginé les intrigues, les anecdotes et poussé son regard jusque dans les alcôves où ses personnages, libertins, ajoutent du piquant à son histoire. «J’ai effectivement la piqûre, avoue-telle. J’ai pris quelques libertés sur les dates qui ne coïncidaient pas nécessairement avec le récit. À l’époque de Louis XIV, il y a beaucoup de choses qui ont changé le cours de l’histoire. Autour de lui, on retrouvait beaucoup de personnages très influents, beaucoup d’artistes qui ont transformé le visage de la France.» Dans ce contexte, Jennifer Ahern a ouvert toutes grandes les valves de son imagination. «C’est enivrant, affirme-telle. Je n’avais pas vraiment établi un plan précis. C’est un grand défi d’écrire un roman. Je dois choisir entre plusieurs avenues possibles et souvent ce sont les personnages qui me dictent la direction à prendre.»
«Écrire est d’abord et avant tout un plaisir, affirme-t-elle. Plusieurs amis s’inquiètent en me disant que c’est un deuxième travail. Mais je ne le vois pas comme ça. Pour moi, c’est beaucoup plus qu’un passe-temps. C’est une véritable passion. Je ne le verrais pas de cette façon si c’était épuisant.» Toute la trilogie continuera à suivre la même lignée familiale et Marguerite, l’héroïne. Je la voulais forte, calculatrice et on la suivra dans son évolution de courtisane, dans un contexte où les femmes étaient pas mal moins libres que maintenant.» «Dans mon métier de coordonnatrice, je rencontre beaucoup de femmes qui vivent de nombreux abus et souffrent énormément. Plusieurs d’entre elles m’ont inspiré certains personnages. Mon roman n’est pas un conte de fées. Je n’ai pas voulu faire un portrait trop romantique de l’époque», conclut-elle.
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