INDIA DESJARDINSLa petite J.K. Rowling… made in QuebecPar Claudia Larochelle 08-01-2008 | 15h46
Bien sûr, la belle auteure de 31 ans rougira en lisant la comparaison. D’abord parce qu’elle est aussi humble que talentueuse, puis parce que madame Rowling et son univers la fascinent au plus haut point. Qu’à cela ne tienne, ça va très bien pour la Montréalaise, dont les trois premiers tomes d’Aurélie Laflamme se sont vendus à plus de 100000 exemplaires. Quant au quatrième, qui vient de paraître, il s’est hissé au sommet des palmarès de vente des librairies. Elle l’a bien mérité. Après des années de vaches très maigres, elle connaît enfin le succès, peut vivre moins simplement…
Anciennement journaliste à la section Arts & Spectacles du Journal de Montréal, elle savait qu’elle allait devoir se serrer la ceinture en quittant la salle de rédaction de la rue Frontenac il y a cinq ans pour écrire son premier roman, Les Aventures d’India Jones. «Fallait que l’envie d’écrire soit forte en moi pour que je laisse ça derrière moi. De toute façon, je n’étais pas une très bonne journaliste, je tombais dans la lune, c’était pas naturel.»
Il n’est pas tellement loin, ce temps où elle était elle-même une préado qui écrivait des histoires comico-romantiques dans son lit. «Quand tu ne te souviens pas de celle que tu as été plus jeune, tu vieillis mal…Il y a des gens de mon âge qui ressemblent à de vieux PC qui ne se sont pas mis à jour (rires)!» La «petite» India est bel et bien présente partout. Dans ses voyages à Disney World, son amour pour Harry Potter, ses délires chocolomaniaques, ses comédies romantiques à la sauce hollywoodienne et à travers ses yeux émotifs quand elle parle de cette fameuse Sybil, cette chatte qui a traversé sa vie comme une étoile filante et qui continue de vivre entre les mains d’Aurélie. Bien sûr, il y a aussi sa gang de filles. Sa tribu de muses divertissantes dont elle ne peut pas se séparer. Comme il reste encore quatre tomes avant la fin de la série, elles n’ont pas intérêt à s’assagir…
INDIA DESJARDINSLe Journal devenu saga à succèsAurélie Laflamme sortira des pages des romans d’India Desjardins et vivra ses aventures au grand écran dans un film réalisé par Christian Laurence. L’auteure peut souffler un peu, son héroïne ne la quittera pas de sitôt. «J’ai de la difficulté à imaginer l’après-Aurélie, le deuil sera immense», déclare la créatrice dont l’héroïne de 14 ans a charmé les producteurs des Films Vision 4 (Matusalem, Pin-Pon le film, La Mystérieuse Mademoiselle C.), qui ont fait l’acquisition des droits pour l’adaptation cinématographique du Journal d’Aurélie Laflamme – Extraterrestre… ou presque!, premier des quatre tomes déjà parus. L’adolescente timide, rigolote et maladroite accompagnera l’auteure au-delà des mots. En collaboration avec le réalisateur et fondateur du mouvement Kino, Christian Laurence, l’auteure s’affaire ces jours-ci à l’écriture du scénario du long métrage, dont le tournage est prévu pour 2009. Bien que le film soit espéré par une horde de fans, ces derniers ne sauraient attendre trop longtemps l’arrivée des quatre autres tomes.
Disciplinée et plutôt sage pour une nouvelle célibataire au sourire craquant, India consacre toutes ses énergies à mener de front écriture filmique et romanesque. Rien à voir avec la vision romantique qu’on peut avoir des écrivaines qui pianotent au clavier d’ordinateur, clope au bec au beau milieu de la nuit…«Mon outil de travail est mon cerveau. Je dois rester alerte, avoir une routine saine, être reposée, donc bien dormir, bien me nourrir, faire du sport, avoir une vie sociale aussi bien sûr, toujours trouver un équilibre…»
En riant, elle avoue qu’elle pourrait écrire comme une ténébreuse, que la torture intérieure, elle s’y connaît aussi, comme toutes les grandes sensibles romantiques qui se posent des questions existentielles. Comme sa petite Aurélie Laflamme, qu’elle a justement créée dans une période d’interrogation sur le sens de la vie.
«Quand j’ai écrit le premier tome, c’était la première fois que je me questionnais sur mes croyances face à la mort. Je me suis aperçue que si j’avais un jour à expliquer le deuil à mon enfant, je ne saurais pas quoi lui dire. On n’a plus de repères, aujourd’hui.»
À la fin du quatrième tome, intitulé Le Monde à l’envers, la jeune l’héroïne trouve finalement réponse à certaines questions, comme si elle découvrait la force de ses racines…«Quand tu te rends compte que la famille et les amis sont là, tu as tout dans la vie, tout ce qu’il faut pour continuer jusqu’à la fin. Reste à voir maintenant ce qu’Aurélie fera avec ses racines, comment elle vieillira avec.»Un sourire qui en dit long s’esquisse déjà au coin des lèvres. Elle brûle d’envie de dévoiler quelques secrets.
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