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Jacques Goldstyn  - Un quart de siècle de confiance
Photo Alfred Lanctôt

JACQUES GOLDSTYN

Un quart de siècle de confiance

05-12-2007 | 09h48
Depuis maintenant 25ans, Jacques Goldstyn se fait le complice des jeunes par l’entremise de ses bandes dessinées scientifiques. Bien qu’il écrive pour les adolescents et les préadolescents dans les pages des revues Les Explorateurs et Les Débrouillards, dont une édition spéciale soulignant ses 25 ans d’existence vient d’être publiée, pas question de tourner les coins rond. «Il faut que ça tienne la route», rappelle le dessinateur.

En captivant jeunes – et moins jeunes, avouons-le – Jacques Goldstyn a une lourde responsabilité. Chaque numéro de ses nouvelles bandes dessinées est attendu avec impatience par ses lecteurs assidus. Ce lien de confiance qu’il a établi au cours des 25 dernières années lui est très cher.

Afin d’assurer un constant gage de qualité dans son travail, Jacques Goldstyn peut compter sur l’aide précieuse de ses proches. Entouré d’un frère ingénieur électrique et de deux enfants dans la tranche d’âge ciblée par les publications auxquelles il participe, l’illustrateur peut avoir une bonne idée de l’impact de ses dessins. «Les inventions de mes personnages doivent être farfelues, mais vraisemblables. Avec eux, je sais si je m’aligne dans la bonne direction», soutient-il.


DES INVENTIONS FARFELUES
Pas question, donc, de miser sur la naïveté de ses lecteurs. Chacune de ses bandes dessinées dans lesquelles ses personnages présentent de nouvelles inventions est inspirée de réels gadgets, simplement mis au service des jeunes.

En un quart de siècle à écrire pour un public-cible de moins de 16 ans, Jacques Goldstyn dénote bien entendu une évolution de la jeunesse, mais l’intérêt et les préoccupations sont demeurés les mêmes.

«La curiosité que suscite la science est demeurée la même qu’avant. Les jeunes y voient toujours un aspect aussi magique. C’est moi, par contre qui dois pédaler de plus en plus pour trouver des idées qui vont leur plaire», lance-t-il dans un éclat de rire.

JACQUES GOLDSTYN

De géologue à bédéiste

L’émission Les Débrouillards, jadis animée par Gregory Charles et Marie-Soleil Tougas, a servi de locomotive afin de porter les revues jusqu’aux mains des jeunes lecteurs.

Depuis la fin de la diffusion en 2003, Jacques Goldstyn peut compter sur des alliés tout aussi influents: parents et professeurs.

«Bien sûr, l’émission nous aidait beaucoup à faire connaître la revue auprès des jeunes. Mais encore aujourd’hui, plusieurs écoles et bibliothèques continuent à permettre aux jeunes de lire Les Débrouillards et Les Explorateurs», explique Jacques Goldstyn.

Depuis quelques années, un nouveau phénomène permet au magazine Les Débrouillards d’atteindre les jeunes. D’anciens lecteurs maintenant devenus parents perpétuent la tradition en encourageant leurs enfants à lire la revue.

«On voit ça depuis quelques années lors de nos visites au Salon du livre. Des parents viennent accompagner leurs enfants et se rappellent avoir lu les magazines quand ils étaient plus jeunes», souligne le bédéiste avec humour.

Les festivités entourant le 25e anniversaire des Débrouillards permettent à Jacques Goldstyn de prendre connaissance de l’ampleur du phénomène. «Depuis le début, tout a été tellement vite. Les numéros se sont enchaînés et nous n’avons pas eu le temps de nous arrêter et de penser à tout ceci. Mais aujourd’hui, on réalise bien où on en est», explique-t-il.


RAPIDITÉ ET PRÉCISION
Rencontré dans le local où il laisse libre cours à son esprit créatif, Jacques Goldstyn prouve qu’il est un artiste de haut calibre. Crayon en main, il s’exerce avec autant de rapidité que de précision. En quelques secondes, une esquisse prend forme. Quelques minutes plus tard, une œuvre est née.

Jacques Goldstyn estime à 25 000 le nombre de fois où il a dessiné Beppo, la mascotte des Débrouillard. Si on ajoute à cela les autres personnages à qui il donne vie du bout de son crayon, le nombre est inimaginable.

D’ailleurs, ces personnages ont beaucoup évolué au fil des ans. Certains se rappelleront de Kim, Simon, Caro, Robert, Catherine et Mathieu des premières éditions, qui sont bien différents de ceux que les jeunes d’aujourd’hui retrouvent sur les pages de leur magazine préféré.

«Au départ, ils n’étaient que des dessins. Au fil du temps, ils sont devenus de réels personnages, avec chacun leur personnalité», atteste leur créateur. Après les personnages de base est apparu Beppo, la sympathique grenouille qui s’est bien vite imposée comme la mascotte des Débrouillards. En gagnant en importance, ce personnage est également devenu l’alter ego de son créateur.

«Certains personnages peuvent avoir des ressemblances avec moi, mais Beppo est réellement mon équivalent. Comme c’est un animal, il peut se permettre de ne pas toujours être politically correct», souffle-t-il en riant.

Avec un allié de la sorte, Jacques Goldstyn est parvenu à diriger ses bandes dessinées dans une direction plus actuelle. Les événements qui défraient la manchette sont de plus en plus souvent abordés dans le magazine pour les jeunes.

«De plus en plus, on essaie d’incorporer des sujets avec une plus grande implication sociale. On ne suit pas à la lettre l’actualité, mais on ne peut faire autrement que de se laisser toucher par certains événements», confie-t-il. C’est ainsi que dans le numéro d’octobre dernier, la bande des Débrouillards s’est rendue aux Nations Unies afin de suggérer de remplacer la guerre par une série d’épreuves, un peu à l’image des Jeux olympiques, avec des épreuves telles que du paintball et une joute de roche, papier, ciseaux.


UNE POPULARITÉ IMPRÉVISIBLE
Au départ, Jacques Goldstyn n’aurait pas pu prévoir que ses illustrations allaient se retrouver un peu partout dans le monde. Son association avec Félix Maltais ne devait être qu’une parenthèse dans sa carrière de géologue.

«J’ai fait les illustrations d’un premier livre et ensuite je suis parti travailler à Calgary en pensant ma carrière de dessinateur terminée. Mais comme le livre connaissait un grand succès, j’ai décidé de revenir ici et de me consacrer à mon art», se souvient-il.

Depuis, le succès est au rendez-vous. Et pas seulement au Québec. Son personnage de Van a la cote de popularité en Orient où ses aventures sont publiées chaque mois. Il s’agit des mêmes que celles que l’on retrouve dans les pages des revues d’ici, simplement traduites. Certains de nos paysages typiquement québécois, notamment le Stade olympique, sont ainsi présentés à l’autre bout du monde.

En franchissant le cap des 25 années de publication, Jacques Goldstyn regarde droit devant, vers l’avenir. Les publications continuent et l’émission Les Débrouillards pourrait même revenir en ondes.

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