BERNARD PIVOTLe sage épicurien déguste la viePar Claudia Larochelle 27-11-2007 | 09h57
C’est ce qui lui donne une si bonne mine, pétillante, les yeux vifs et allumés derrière des lunettes d’intellectuel, ses lunettes qui lui ont permis de lire plusieurs centaines de romans et d’essais au cours de sa carrière d’animateur d’émissions littéraires à France 2, où il a été pendant 28 ans, à la barre d’Ouvrez les guillemets d’abord, puis d’Apostrophes et de Bouillon de culture.
Roi de l’entrevue, il a reçu les plus célèbres auteurs du monde entier, les accueillant sur ses plateaux avec son calme légendaire, ses questions qui désarçonnent, celles qui font rire et pleurer aussi. Les téléspectateurs, dont certains Québécois qui le regardaient jadis via TV5, assistaient souvent à des moments de télé incomparables, découvrant la face cachée d’écrivains qui restent trop souvent dans l’ombre derrière leur clavier d’ordinateur.
De sa carrière d’animateur, il ne regrette rien. Presque rien. «Je suis heureux de ce que j’ai accompli, mais je me reproche parfois d’avoir été un peu trop débonnaire, gentil, accommodant avec les écrivains.» Pas du tout le genre de critique littéraire frustré de ne jamais avoir publié. «J’ai écrit une fois un roman. J’avais 21 ans. Ça s’intitule L’Amour en vogue. Un péché de jeunesse…Je me suis aperçu que je n’avais pas tout à fait le talent, alors j’y ai renoncé. Il faut savoir faire ça aussi.»
Raisonnable est un qualificatif qui lui va plutôt bien. Peu doué pour les excès, posé et réfléchi, même avec le vin dont il raffole, Monsieur Pivot demeure sage.
Pas question tout de même de tout arrêter. Il siège donc à l’Académie Goncourt et continue d’écrire des critiques littéraires dans le Journal du dimanche, remarquant avec une certaine tristesse le manque d’intérêt des jeunes pour la lecture de journaux. Tout se passe sur Internet. «J’ai toujours été un journaliste de presse écrite et j’avoue que ça me désole d’assister au déclin des quotidiens en France. J’ignore si ça se passe ainsi chez vous…?»
Au même titre que les livres, les journaux occupent une place prépondérante dans ses journées. Souvent prisonnier du trafic parisien, le journaliste évite l’impatience par la lecture, savourant chaque mot, leur sonorité, leur esthétisme même. Ceux liés au monde viticole lui ont fait tant d’effet qu’il en a écrit un livre, Dictionnaire amoureux du vin paru l’an dernier chez Plon. On le déguste seul ou avec des amis, par petites gorgées pour faire durer le plaisir, sans excès, comme avec un grand cru.
AUJOURD’HUI
FLORILÈGE
MÉLANCOLIE
GOULEYANT
AMOUR
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