SALON DU LIVREPivot à la défense d'ArcandClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 16-11-2007 | 12h47
«J'aime beaucoup Denys Arcand, je trouve que c'est un réalisateur qui n'occupe pas la position qu'il devrait avoir en France, où il y a des gens qui l'aiment beaucoup, mais où il est controversé aussi», note Monsieur Pivot. L'ancien animateur d'Apostrophes et de Bouillon de culture fait d'ailleurs partie de la distribution du dernier film d'Arcand, L'Âge des ténèbres qui sort dans nos salles le 7 décembre. Même s'il y campe un petit rôle tourné l'an dernier lorsqu'il annonçait le nom du gagnant du prestigieux prix Goncourt, il s'est dit satisfait de son expérience. «Je connais le cinéma de monsieur Arcand, je sais qu'il travaille bien. Je n'ai pas hésité un instant avant d'accepter sa proposition de faire partie du film.» Selon lui, il s'agit d'un film très noir, plus que Le Déclin de l'empire américain et Les Invasions barbares, son préféré, qui est «un film d'un grand humanisme avec de l'humour, tout ce que j'aime.» Gens du pays Du Québec, l'homme au français impeccable admire les chanteurs et chanteuses comme Félix Leclerc, Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Lynda Lemay. Il a aussi lu Denise Bombardier, Michel Tremblay, Yves Beauchemin, Marie-Claire Blais et Antonine Maillet, des écrivains qu'il a déjà reçus à l'une ou l'autre de ses émissions. «Ce que j'aime beaucoup, c'est la volonté avec laquelle les Québécois défendent leur langue. Je suis fasciné par cette manière que vous avez de trouver un équivalent aux mots américains lorsqu'ils arrivent, de «survivre» à travers la parlure québécoise. Très joli mot, la parlure...» Et ce n'est pas parce qu'il est invité dans notre Belle Province qu'il a décidé d'aimer nos mots et expressions. Le Parisien d'origine lyonnaise est sincère jusque dans ses valises... Il y traîne justement La Parlure québécoise de Lorenzo Proteau, une sorte de dictionnaire qui recense nos plus belles perles de langage. «Ici, on dit brosseux pour ivrogne ou prendre une brosse, alors qu'en France, on dit prendre une cuite... (rires).» L'amour viticole S'il est question de mots alcoolisés, c'est parce que monsieur Pivot est de passage au Salon du livre de Montréal pour rencontrer les lecteurs de son Dictionnaire amoureux du vin, dans lequel il revient notamment sur cette émission d'Apostrophes de 1978 où Charles Bukowski s'était enivré sur le plateau au point d'avoir été obligé de quitter au beau milieu de l'enregistrement. Une pure pièce d'anthologie... Bien sûr, l'homme de 72 ans en a vu de toutes les couleurs après avoir réalisé des entrevues avec des centaines d'écrivains au cours de sa carrière, dont certains plus originaux que d'autres. Et si Bukowski aimait boire le vin d'une façon démesurée, Monsieur Pivot se dit de son côté plutôt tempéré, peu porté aux excès. Ce qui ne l'empêche pas d'aimer le vin autant que les livres et le foot. Serait-ce le secret de jeunesse et de vivacité d'esprit de ce journaliste qui a quitté l'animation télé à 65 ans? «J'ai une bonne humeur naturelle et j'ai toujours aimé la vie que je mène. Ça doit faire partie du secret.» Le Dictionnaire amoureux du vin, de Bernard Pivot, est paru aux éditions Plon. Monsieur Pivot fera des dédicaces au Salon du livre de Montréal aujourd'hui, de 15h à 16h, et demain, de 13h à 15h, au stand 100. |