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AUTANT ON EMPORTE LE VENT

La suite sort en librairie 71 ans plus tard

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
09-11-2007 | 12h49
Scarlett et Rhett sont de retour. La suite officielle d'Autant en emporte le vent sort en magasin dans trois jours. Une opération gros sous qui se trame en coulisses depuis 12 ans.

Combien ça coûte l'autorisation de publier une suite officielle d'Autant en emporte le vent, 71 ans plus tard? 4,5 M$.

C'est l'avance qu'ont versée les Éditions St. Martin's Press aux héritiers de Margaret Mitchell.

Il faut dire qu'avec 30 millions d'exemplaires vendus à ce jour dans le monde, Le Clan Rhett Butler est attendu de pied ferme par les fans.

Le lancement est prévu dans une trentaine de pays. Les États-Unis ont déjà commandé 1,5 million d'exemplaires. Dans la francophonie, on parle de 120 000 exemplaires.

Les Éditeurs ont mis 12 ans avant de trouver l'écrivain qui allait recevoir l'approbation des deux neveux de Margaret Mitchell (elle est décédée en 1949, elle n'a jamais eu d'enfants).

Le choix s'est finalement arrêté sur Donald Mc Caig, 67 ans, un berger de Virginie, spécialiste de la Guerre de Sécession.

Entre-temps, plusieurs auteurs ont tenté d'écrire des suites (en 1991 et en 2002), qui ont été démolies par la critique ou bâillonnées par les héritiers.

S'attaquer à Autant en emporte le vent est un sujet délicat. Parlez-en à Régine Deforges, qui a été accusée (puis blanchie par la suite) de contrefaçon dans les années 1980 pour son roman La Bicyclette bleue.

Cette fois, Le Clan Rhett Butler joue selon les règles, mais l'opération est questionnable.

Pourquoi vouloir toucher à ce monument de la littérature, surtout que Margaret Mitchell n'a jamais voulu en faire une suite?

«"On ne détruit pas le mythe puisque l'histoire tourne autour d'un personnage inexploité: Rhett Butler», explique Philippe Robinet, de chez Oh! Éditions, la boîte qui a raflé les droits de publication pour la francophonie.

Le New York Times a déjà donné sa bénédiction au livre, le qualifiant de «divertissement inattendu», avec un bémol toutefois, celui d'avoir dénaturé le mystère de l'oeuvre originale en brisant l'énigme autour du personnage de Rhett.

Du reste, le livre a été traduit au mois de juin en moins de 15 jours pour pouvoir s'arrimer à la sortie américaine.

La qualité sera-t-elle au rendez-vous? «On a mis de gros efforts de ce côté», assure M. Robinet.

Autant en emporte le vent a été publié en 1936 par Margaret Mitchell, qui a remporté le prix Pulitzer l'année suivante. En 1939, le livre a été transposé au grand écran, avec dans le rôle des deux personnages principaux Vivien Leigh et Clark Gable.

À lire dans le cahier Week-end, en pages 16 et 17, une entrevue avec l'auteur du Clan Rhett Butler.

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