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Stefano Faita - La main à la pâte
© Photo Pierre-Paul Poulin

STEFANO FAITA

La main à la pâte

Par Claudia Larochelle
24-09-2007 | 13h36
Il a grandi à côté des fourneaux, entre deux nonnas et une mamma, avec une envie plus grande de mettre la main à la pâte que de regarder les dessins animés à la télé. À 32 ans bientôt, le cuisinier-vedette de la Petite Italie, Stefano Faita, publie son premier livre de recettes, en toute simplicité.

Il a longtemps hésité avant de faire paraître aux éditions Trécarré son ouvrage Entre cuisine et quincaillerie. Pas question de faire comme tous les autres, de ne s’en tenir qu’à des recettes accompagnées de photos clinquantes. Stefano voulait aussi se raconter, révéler aux gens l’histoire de sa famille italienne, de la fondation de la quincaillerie Dante, magasin familial où il passe le plus clair de son temps quand il n’a pas la tête au-dessus d’un chaudron, et de son amour incommensurable pour la bouffe.

DU COEUR AU VENTRE
Si ça n’avait pas été de la nourriture et des mammas de sa vie qui lui ont appris à la chérir, Stefano serait aujourd’hui graphiste, métier qu’il a exercé pendant trois ans avant de déclarer forfait, d’écouter son cœur et son ventre. Parce que si notre chroniqueur culinaire au Journal de Montréal aime autant cuisiner, c’est d’abord parce qu’il est un gourmand insatiable.

«Je ne suis pas un chef cuisinier, plutôt une éponge culinaire qui est passionnée, gourmande et puis…cochonne! Je ne pense qu’à manger.»

En mangeant autant, s’il n’est pas rondouillet, c’est parce qu’il est excessif et qu’il s’entraîne beaucoup au gym et en dévalant l’escalier intérieur de la quincaillerie une cinquantaine de fois par jour.

TOUJOURS BAMBINO
Même assis sur le comptoir de la cuisine de la petite école Mezza Luna, adjacente à la quincaillerie, où il donne des leçons culinaires avec sa mère, Elena, il ne s’arrête pas un instant, parle à la vitesse de l’éclair, s’exclame comme un gamin. Stefano ressemble à un gamin. Ça fait sourire. Pas surprenant que les madames trouvent «qu’il a donc l’air fin»…

D’ailleurs, depuis ses chroniques hebdomadaires dans nos pages la fin de semaine, son passage d’une saison à l’émission Flash et des apparitions momentanées dans différents médias, la quincaillerie n’attire plus juste l’habituelle faune d’Italiens du coin. «Bien sûr, il y a des curieux qui veulent nous rencontrer. N’oubliez pas que ma mère, Elena, attire à elle seule les gens vers elle, ça fait longtemps qu’elle fait des apparitions dans les médias. Pour moi, l’aventure commence.»

L’amour des bonnes choses

«Stefano n’a rien à cacher. Il est comme il est : c’est pour cela que quand on le rencontre, on a souvent la bonne impression de déjà le connaître», déclare dans la préface d’Entre cuisine et quincaillerie Martin Picard, chef-propriétaire du resto Au Pied de cochon. Son grand ami voit juste. Cette franchise qui habite Stefano émane de son premier ouvrage, qui ne propose rien d’extravagant ou de complexe. Que des mets italiens transmis de génération en génération. Une belle histoire d’amour, en somme, qui défile entre des recettes de base comme celle de la salsa rosa ou verde et ses classiques italiens comme la frittata della nonna ou la zuppa di pesce.

Stefano raconte aussi en trois parties la Storia della famiglia, conseille les lecteurs au sujet des outils de cuisine indispensables, propose des casse- croûte rapides, consacre aussi un chapitre à sa mère, Elena, sans oublier tout ce qui se cuisine quand vient le temps de mettre la table pour les copains. «Déjà plus jeune, je faisais des pizzas-partys avec mes amis du secondaire; j’ai toujours aimé le côté social de la cuisine, ça fait partie dema nature.»

LA CUISINE POUR SÉDUIRE
Par le biais de textes simples et de photos sur lesquelles il apparaît, l’air rigolo et sans prétention, il consacre aussi un chapitre sur les bouffes à préparer lors des soirées de gars et un autre sur les plats idéaux pour courtiser une fille, puis les beaux parents.

«Oui, je pense qu’un homme qui cuisine, c’est très charmant. Je ne sais pas si c’est une arme de séduction, je l’ai toujours fait innocemment», se défend-t-il le plus sérieusement du monde.

Selon lui, nul doute que les hommes se sont assurément mis aux fourneaux. Plus que jamais, ils y trouvent leur place, prennent plaisir à concocter des mets, pour eux, les amis, la douce ou la famille. «Je vois bien qu’à la quincaillerie, les gars sont de plus en plus nombreux à visiter le rayon des outils de cuisine. Les femmes forment encore la majorité, mais elles vont peut-être se faire rattraper.»

Parmi tous les hommes aux fourneaux, c’est incontestablement à Jamie Oliver qu’on compare le plus souvent Stefano. Cette association est loin de vexer le jeune cuisinier.

«J’aime ce qu’il fait. Ça me fait juste sourire parce que tous les gars de 25 à 35 ans qui s’habillent décontracté pour faire la cuisine peuvent rentrer dans ce moule-là.»

EXCÈS DE PIZZAS
Bien ancré dans la Petite Italie, son quartier général où il passe le plus clair de son temps, vêtu d’un jean et d’un t-shirt, Stefano a effectivement tout du gars de son temps, un sorteux qui aime prendre un verre avec des copains avant de rentrer…manger de la pizza aux petites heures du matin! «J’adore la pizza, j’en mangerais toujours. Faut dire que je suis un excessif dans tout», déclare-t-il en aspirant une bouffée de cigarette…

«Il y a beaucoup de gens dans la restauration qui fument», explique-t-il devant mon regard étonné. Il s’en confesse l’air un peu coupable. Ça ne l’empêche pas d’avoir le souffle nécessaire pour courir jour après jour de la cuisine à la quincaillerie, où il ne compte plus ses heures aux côtés de sa mère à conseiller les gens, veiller à ce que les affaires gardent leur erre d’aller.

Ça ne l’empêche pas de s’absenter parfois pour aller en Italie, pays qu’ont quitté ses grands-parents dans les années 1950 pour venir s’établir ici, à la recherche d’une vie meilleure.

«Plus je vieillis et plus je suis fier de mes racines italiennes. J’aime aller là-bas, essayer des restos, Voir ma sœur et mon neveu, qui y habitent.»

Il y a cinq ans, il est parti sac au dos faire un périple de cinq mois sur la côte est italienne. Il rêvait peut-être d’y travailler, de s’y installer lui aussi, retourner à ses origines. S’il s’est amusé allègrement, Stefano n’a pas trouvé ce qu’il cherchait. Il est revenu auprès des siens. La famiglia…«Je n’habite plus chez mes parents depuis que j’ai 22 ans. C’est jeune pour un fils d’Italiens. Mais je ne suis jamais très loin. J’habite juste en haut de la quincaillerie et je suis avec ma mère la plupart du temps. Il y a beaucoup d’elle dans cet ouvrage.

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