LE JOURNAL DE JULES RENARDUne lecture pour Marie, sa fille, et pour le publicClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 12-09-2007 | 12h29
«Marie aimait beaucoup Jules Renard et m'envoyait des textes de lui que je ne connaissais pas. Dans ce spectacle, il y a des textes que ma fille aimait», a confié le comédien reconnu mondialement. Choisissant de vivre à vive allure plutôt que de s'éteindre, aux lendemains de la mort de sa fille actrice, Trintignant s'était lancé avec intensité dans le théâtre, notamment dans ses lectures publiques de la poésie de Guillaume Apollinaire, qu'il est venu présenter chez nous l'an dernier dans le cadre du FIL. Il avait alors promis de revenir nous visiter avec un spectacle consacré au Journal de Jules Renard. Quatuor à voix Accompagné des comédiens français Jean-Louis Bérard, Manuel Durand et Hélène Fillières, il remonte dès ce soir sur les planches de la Cinquième Salle de la Place des arts pour donner une seconde vie à ce Journal du célèbre écrivain mort en 1910. En moins d'une heure et demie, ce quatuor d'acteurs arrivés lundi dans la métropole ne lira que quelques textes de ce Journal qui compte dans les 1032 pages, changeant par ailleurs, soir après soir, 10% des extraits choisis. «C'est difficile et amusant. Au-delà du texte, il y a cet exercice qui est comme escalader une montagne», a souligné la fille du groupe, l'actrice Hélène Fillières, qui a entre autres joué au cinéma dans L'Amant de Lady Chatterley, de Pascal Ferran. «J'ai joué dans une cinquantaine de pièces et je n'ai jamais autant eu ce sentiment de jouer avec le public», a pour sa part indiqué Trintignant, qui estime que ces lectures exigent une certaine collaboration des spectateurs. Pétillant Trintignant Créé au Petit Hébertot, à Paris, au cours du mois de décembre 2005, ce spectacle présenté ici en première nord-américaine au beau milieu d'une tournée européenne excite, sans l'ombre d'un doute, l'artiste à l'esprit toujours aussi vif et pétillant, même après cet accident de moto survenu en juin dernier... «Ce qui me séduit dans son oeuvre, c'est que ça me touche, a précisé Trintignant. C'est écrit avec humour, poésie, sincérité, et je ne trouve pas l'équivalent dans la littérature française, du moins celle de ces années-là.» D'abord à Montréal pour cinq soirs, puis à Québec les 18 et 19 septembre, l'acteur n'a cette fois pas fait de promesse quant à un éventuel retour chez nous. Le monsieur de 76 ans savoure l'instant présent, calme et modeste. Avec sa voix posée, il n'a pas nié qu'il songeait à quitter définitivement des planches. «Je ne suis pas encore certain, mais je vais peut-être me retirer, il faut laisser sa place. Si j'avais le sentiment d'embêter le public, j'arrêterais dès maintenant.» Le Journal de Jules Renard, lecture présentée dans le cadre du FIL par Jean-Louis Trintignant, avec Jean-Louis Bérard, Manuel Durand et Hélène Filières. À la Cinquième Salle de la Place des arts du 12 au 16 septembre, à 20 heures. |