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Danielle Goyette - Roman coquin et autres sucreries
© Photo Raynald Leblanc

DANIELLE GOYETTE

Roman coquin et autres sucreries

Par Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
09-08-2007 | 13h38
Elle compare ses hommes à des friandises: réglisse, sucre d’orge, nougat, jujube…L’héroïne de Danielle Goyette dans Caramel mou se lève un matin en ne voyant plus les mecs de sa vie autrement que comme des confiseries. Bonne raison pour se sucrer le bec, parfois jusqu’au mal de cœur!

«Chocolat: Le raffinement suprême en matière gustative magistrale. Caressant, onctueux, suave, doux sur la langue. Irremplaçable pour les enrobages ou l’alliage à d’autres gourmandises. À 70% de cacao, on apprécie même son petit côté amer. Et que dire du chocolat fourré au caramel? Mise en garde: Trop parfait!»

C’est la dernière comparaison qu’elle propose à ses lecteurs. L’homme parfait et le chocolat…Même combat. Juste à en parler, l’auteure salive, ses yeux brillent, des cœurs semblent vouloir défoncer le verre de ses lunettes. Ce mec mieux que le bonbon aux patates ou la guimauve, que tous les autres à qui l’auteure fait plus ou moins le procès, vient sauver la réputation de ceux qu’elle égratigne un tantinet dans ses pages.

La romantique qui se lamentait sur son sort d’éternelle célibataire dans son club de filles, organisme à but curatif intitulé Les Naïves anonymes, s’est fait avoir avant de tomber sur son chocolat.

Veines caramélisées
Comme elle se décrit personnellement pareille à du caramel, qu’elle croit que, comme son personnage principal, c’est ce qui lui coule dans les veines, il n’y a pas de doute que le match des deux sucreries fait bon ménage.

«C’est le secret de la Caramilk!» assure-t-elle. Avant de tomber sur «la bonne sucrerie», Emma, l’alter ego de l’auteure, un nom trouvé en hommage à la non moins romantique Emma Bovary du célèbre roman Madame Bovary, de Gustave Flaubert, est tombée sur quelques mauvais numéros dont elle brosse le portrait et les anecdotes dans ce roman.

Commencée en 1987 avant d’être ressortie il y a cinq ans, son histoire est aussi celle de tellement de femmes qui, comme Danielle Goyette, se sont un jour gavées de romans Harlequin… beaucoup en cachette, même! «Surtout quand on étudie la littérature à l’université. On décide après s’être tapé tout Camus d’aller voir dans la cour du rose bonbon…Avec une amie, on faisait la contrebande de ce genre de livres. On ne le disait à personne, c’était notre secret.»

Les bleus d’une fleur
Plus inspirée par quelques histoires d’amour, celles de ses copines et les siennes plus que par celles des héroïnes de littérature harlequine, elle n’a tout de même pas su faire abstraction de ses pulsions fleur bleue. «Le petit côté eau de rose, c’est moi tout craché, je suis une hyper-sensible convaincue que la vie à deux doit être belle. J’ai un amoureux depuis 17 ans qui me permet d’y croire.»

Si elle perçoit les hommes comme des bonbons, l’auteure se demande bien quelle métaphore eux pourraient bien utiliser pour comparer les femmes. «Moi, je suis le caramel, je ramollis à rien. J’essaie de m’endurcir.»

Peut-être en écrivant des suspenses glauques comme ceux qu’elle pond à «deux têtes» avec sa sœur pomicultrice, qui a une imagination fertile. Sûrement pas en publiant des romans érotiques…

Chez Guy Saint-Jean éditeur, qui fait paraître Caramel mou, quelques plumes grivoises ont d’ailleurs vu le jour. «Mon but à moi n’était pas de parler de sexualité, mais plus d’amour, de se payer la traite dans ce champ-là. Pour faire un compromis, on l’a plutôt traduit en roman coquin.»

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