LILIANA PEDROZA CASTILLOL’étrangère Virginie Roy Journal de Montréal 07-08-2007 | 10h39
«Les gens ne lisent pas beaucoup au Mexique. Toutes les manifestations artistiques passent par Mexico seulement. Les autres villes tombent dans l’oubli», explique dans un français presque parfait Liliana Pedroza Castillo. C’est que l’écrivaine et professeure de littérature latino-américaine et européenne a fait de son travail un cheval de bataille. «C’est difficile de faire naître un enthousiasme pour la littérature à mes étudiants», explique-t-elle. Selon elle, le gouvernement mexicain n’en fait pas assez pour la culture. «Il doit faire beaucoup plus que ce qu’il fait en ce moment. Le monde artistique est présent dans des endroits fermés seulement. Il doit se faire connaître et sortir sur la place publique», dit-elle. Le Québec lui assure une expérience intéressante. Résidant à Montréal depuis près d’un mois et demi, elle dit avoir déjà beaucoup appris. «Je me sens très bien à Montréal. J’ai adoré le Festival de jazz. C’est ce genre d’événement que nous devrions faire au Mexique», explique-t-elle. Accueillie par l’Union des écrivaines et écrivains québécois jusqu’au 30 septembre, elle désire apprendre de la culture québécoise tout en y apportant ses propres connaissances. «Je veux partager ce que je fais et rencontrer des étudiants en littérature pour leur parler de mon expérience en tant qu’écrivaine et professeure au Mexique», ajoute-t-elle. Une écrivaine accomplie Liliana Pedroza Castillo a un parcours plutôt incroyable pour une toute récente trentenaire. Après avoir déménagé plusieurs fois dans différentes villes mexicaines au cours de son enfance, elle a habité à Madrid, en Espagne, pendant trois années pour y compléter son doctorat. Elle est ensuite allée en France pour apprendre le français tout en y donnant des cours d’espagnol. En plus d’être professeure au Mexique, elle a publié plusieurs essais et ouvrages. Elle poursuit présentement son livre La Vie ailleurs. « Je me suis toujours sentie étrangère partout où je déménageais. Avant, ça me dérangeait. Maintenant, je le vois plutôt positivement. C’est ce qui m’a ouvert l’esprit en tant qu’écrivaine», explique-t-elle avec délicatesse. Son livre relate l’histoire de personnes vivant à l’extérieur de leur pays ou ayant le sentiment d’être des étrangers dans leur propre pays. «J’écris sur des sujets qui me touchent. À notre époque, je trouve qu’il y a beaucoup d’individualisme et de solitude. C’est un grand paradoxe quand on voit que des millions de personnes cohabitent ensemble», dit-elle. Le Mexique ne permet pas à énormément d’écrivains de vivre de leur écriture. «À travers mes nombreuses occupations, je cherche donc le temps pour ma vraie passion, celle d’écrire», dit-elle. |