CONCOURS DES JEUNES ÉCRIVAINS DU QUÉBECJonathan Beaulieu-Cyr priméCharles Bolduc 30-07-2007 | 20h34
Fait notable, les trois gagnants viennent de l’école secondaire Roger-Comtois, à Loretteville, et ont tous suivi le cours optionnel donné par la professeure Julie Lévesque, un cours intitulé Français Écriture Plus où une vingtaine d’élèves de cinquième secondaire étaient invités, grâce à diverses contraintes créatrices, à stimuler leur imaginaire par l’écriture de textes. «Elle nous a fait participer à quelques concours», lance Jonathan – une émulation plus que bénéfique, si l’on en juge par les résultats obtenus. À se demander quelle substance l’enseignante a bien pu mettre dans la mine de ses étudiants pour qu’ils raflent ainsi tous les lauriers! «Le niveau est élevé, il y a vraiment de belles plumes dans le groupe, des styles très différents.» Ce qui est plutôt rassurant pour la future (mais déjà active, ne vous y trompez pas) relève littéraire du Québec. Jonathan Beaulieu-Cyr admet toucher à l’écriture depuis secondaire deux, «des trucs absurdes, absolument impubliables, un peu comme les Denis Drolet, mais sur papier». Il entrera cet automne au programme Arts et lettres du cégep F.-X. Garneau. Il se destinait plutôt aux Techniques policières, mais les premiers balbutiements d’une vocation littéraire, la reconnaissance acquise par le truchement du concours et quelques ambitions inavouées dans le domaine lui auront donné le courage d’échouer au test de personnalité préliminaire. Heureuse chose, puisqu’il possède une rafraîchissante façon de percevoir le monde et de raconter la vie, et qu’il n’a pas l’intention d’en rester là. Inspiré par les François Avard, Stéphane Bourguignon et Matthieu Simard, le jeune homme lit principalement les auteurs québécois contemporains, ignore encore ce que lui réserve l’avenir, ignore même ce qu’il en veut précisément, désireux surtout de ne pas se fermer d’horizons et d’éviter l’enlisement tranquille d’une carrière trop «conventionnelle». L’âge des seuils. Son récit primé, «Je t’aimerai toujours», qu’il a mis deux mois à écrire, raconte le périple de quatre amis qui partent sur la route en Westfalia pour assister au septième et ultime match de séries éliminatoires, à Buffalo, opposant les Sabres aux Canadiens de Montréal. Un prétexte, on l’aura deviné, pour Jonathan Beaulieu-Cyr qui, à la moindre occasion, s’écarte de sa trame afin de distiller observations humoristiques et de jongler habilement avec personnages, lecteur et narration, cela avec une justesse dans la sensibilité et un léger désabusement vécu sur le mode de l’autodérision. On y note déjà une voix et une maturité peu fréquentes chez les auteurs de cet âge. |