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Nouveauté Livre - L’abécédaire de l’attente

NOUVEAUTÉ LIVRE

L’abécédaire de l’attente

Par Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
29-05-2007 | 14h29
«Toute cette histoire est assez improbable.»C’est ainsi que débute ce premier roman de CS Richardson. Il s’agit pourtant d’un homme et d’une femme, de leur amour, de leur boulot, de leur quotidien bercé de candeur. Il s’agit aussi de la mort de Monsieur. Ils l’attendent en revisitant l’alphabet.

Ambroise Zéphyr vient d’apprendre qu’il va mourir. Sa maladie, inconnue et incurable, lui laisse 30 jours de sursis parmi les mortels, avec sa douce, Zappora, alias Zip.

Durant ce dernier mois de sa vie, il offre à sa douce et à lui un périple autour du monde dans des destinations correspondant à chacune des lettres de l’alphabet. Amsterdam, Berlin…Venise! Au fil de ce voyage, le couple, amoureux d’art, de rencontres inusitées, de paysages atypiques et de réflexions, apprend à profiter, savourer, laisser en suspend le drame inéluctable, le panser.

«Dans le jardin du sultan, Zip et Ambroise volèrent autant d’amour qu’ils l’osèrent. Il y eut plusieurs boutons défaits. Des bretelles doucement écartées. Le glissement d’une main chaude. Des odeurs d’huile de bain et de savon parfumé, de peau frottée si fort qu’elle cuisait au toucher. Ils se dirent à voix basse de ne pas s’inquiéter.»

L’auteur, directeur du département graphique de la maison d’édition Random House, à Toronto, donne à lire des images, des émotions en vrac comme autant de lettres de l’alphabet avec une humanité déconcertante.

PURETÉ VÉRITABLE
On est à des lieues des contes initiatiques, faiseurs de morale hypocrites sur le moment présent. Ça n’a rien à voir non plus avec l’hymne au bonheur du dalaï-lama ou avec la pensée de Paulo Coelho. Il s’agit bel et bien d’une fiction naïve et douce.

Même s’il s’agit vraiment de mort, Richardson nous épargne le tralalilalère du pleurnichage, des réminiscences et des phrases qui tuent qu’un homme peut dire à sa femme juste avant de s’éteindre.

Vous ne verserez peut-être même pas de larme à la lecture de ce qui est plutôt une ode au pouvoir qu’exerce l’art et le voyage sur nos vies, au partir et revenir au bercail.

Le rythme de l’écriture passe du lent au rapide, ne s’éternise pas, se précipite même jusqu’à la toute fin, jusqu’à Z, au même titre que la vie qui file à vive allure. Lucidité, quotidienneté, intermèdes magiques et éternité amoureuse teintent ces mots qui nous changent un peu, sans le vouloir, qui se frayent un chemin entre deux viscères au cœur.

La Fin de l’alphabet
Par CS Richardson
Éditions Alto
Prix: 19,95 $

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