SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBECUne mer de monde Chantal Maltais 15-04-2007 | 08h53
Si l'on tient compte de la foule présente au Salon du livre, hier après-midi, l'industrie littéraire se porte bien. «Je viens chaque année. C'est comme une immense librairie où l'on peut faire des découvertes», a affirmé une quinquagénaire de Beauport. «Je n'ai jamais vu un aussi gros samedi en neuf ans, a affirmé Johanne Mongeau, directrice aux communications pour le Salon. Le flot d'entrée a été continu pendant plusieurs heures», a-t-elle ajouté. Au début de l'après-midi, il fallait être patient. La file d'attente pour entrer prenait des proportions étonnantes et les stationnements se faisaient de plus en plus rares. Selon la directrice, le succès du Salon tient à sa diversité. En plus des nombreux éditeurs présents, on peut participer à des conférences, des rencontres d'auteurs et des séances de signatures. «Une bonne partie des visiteurs savent ce qu'ils viennent voir et tout ce qui touche les questions d'animation est très populaire», a précisé Mme Mongeau. Pour la troisième année d'affilée, le Salon du livre a accueilli sous son toit le Festival de la bande dessinée, qui attire à lui seul une clientèle particulière. Le Salon international du livre de Québec ferme ses portes aujourd'hui, à 17 h. Les belles rencontres Le Salon du livre est l'occasion pour les lecteurs de rencontrer leur auteur favori et, pour les écrivains, de prendre le pouls de leur travail. Les files d'attente sont longues et les lecteurs sont prêts à attendre «le temps qu'il faut» pour serrer la main et obtenir l'autographe de leur écrivain chouchou. Hier, les visiteurs du Salon ont pu rencontrer Denis Monette, Hubert Reeves, Francine Ruel, Francine Ouellette et bien d'autres. Les lecteurs apprécient cet événement tout comme les auteurs. «Depuis Adèle et Amélie, je fais tous les Salons au Québec et au Nouveau-Brunswick», a dit Denis Monette, auteur de nombreux ouvrages. «On vient ici pour chercher des mots d'amour. Lorsque j'écris, je suis seul dans ma bulle une année sur deux et les marques d'affection du public sont très importantes», a précisé M. Monette. Tous les auteurs présents hier après-midi semblaient partager l'enthousiasme de M. Monette. «Les rencontres avec les lecteurs sont ce qui met de l'encre dans ma plume», a dit en terminant M. Monette. Un message d'espoir pour la planète
Le célèbre astrophysicien Hubert Reeves a apporté, hier, au Salon du livre, une lueur d'espoir pour l'avenir de notre planète. «La vie sur la Terre est robuste. Elle s'adapte. Il y a 65 millions d'années, la température était de dix degrés supérieure à aujourd'hui et il y a 250 millions d'années, les gaz carboniques étaient 15 fois plus importants», a dit d'emblée le professeur Reeves à l'occasion d'une table ronde intitulée Peut-on encore empêcher la destruction de la planète? M. Reeves a précisé que ces perturbations n'ont pas réussi à éliminer la vie sur Terre, même si certaines espèces n'ont pas été capables de s'adapter à ces conditions et ont connu l'extinction. «Aujourd'hui, nous sommes dans le processus de la sixième extinction et d'ici à la fin du siècle, cette extinction pourra avoir éliminé plus de 50 % des espèces vivantes de la planète», a précisé l'astrophysicien. La grande question est de savoir ce qui arrêtera cette sixième extinction. Selon M. Reeves, il y a deux scénarios possibles. Dans le premier cas, l'espèce humaine est éliminée, ce qui amène la fin de l'extinction, puisque c'est elle qui a créé les conditions nécessaires au déclenchement de la sixième extinction par son activité. Dans le deuxième scénario, l'être humain survit. «La fin de l'humanité serait dramatique, car l'être humain n'a pas fait que des bêtises. Il y a la culture, la science regroupant toutes les connaissances qu'aucune espèce n'a produite auparavant, et le plus important, la compassion», a ajouté M. Reeves. Il est certain pour l'auteur que pour renverser la vapeur, des actions doivent être prises à l'échelle planétaire. Cependant, il note que de telles actions sont de plus en plus mises en place. «On commence à réduire les dettes des pays pauvres, on investit dans l'agriculture, on encourage les gens à consommer des aliments produits chez eux. La situation est urgente, mais pas désespérée. Il faut garder espoir, car on assiste à un retournement important présentement. L'environnement a touché le niveau des décideurs, de plus en plus de pays se mobilisent», a dit en terminant le scientifique. |