ALAIN STANKÉDes insolences... aux confidencesPar Claudia Larochelle Le Journal de Montréal 03-04-2007 | 09h22
Alain Stanké réussit à trouver du bon chez toutes les personnes lorsqu’il s’installe devant elles et qu’avec son sourire franc et ses yeux sincères, il leur tire d’aussi loin que l’inimaginable les vers du nez. Intelligent certes, mais surtout sensible et accessible, l’homme de 73 ans attire les confidences, comme par le biais de sa page d’entrevue publiée chaque semaine dans le 7 Jours. Bien avant d’obtenir cette tribune, Stanké roulait déjà sa bosse depuis longtemps comme journaliste, éditeur et créateur en 1961 de la fameuse émission Les Insolences d’une caméra. Amoureux de son métier de journaliste, il avoue que l’emploi lui a souvent servi de prétexte parfait pour solliciter des entrevues avec des gens. «J’ai toujours cherché à croiser des gens qui pouvaient m’apprendre quelque chose. Juste pour ça, je pense qu’être journaliste, c’est le plus beau métier du monde», exprime-t-il sur le ton de la complicité. Entre journalistes, il y a des choses qu’on n’a pas besoin de s’expliquer ad vitam aeternam.
Brel avant de partir Catherine Deneuve, Georges Moustaki, Pierre Cardin, Fernandel, Michèle Morgan ont aussi été autopsiés par monsieur. Même Mouammar Kadhafi s’est laissé interviewer par lui sous sa tente dans le désert. Alors éditeur, il a par la suite publié la biographie du célèbre colonel. La plupart des entretiens marquants ont été réalisés avec des personnes dont nous n’avons probablement jamais entendu parler. Et pourtant. «Du «monde ordinaire», comme on dit parfois au Québec. Une appellation que je trouve dénuée de sens. Méprisante même, car personne n’est réellement banal, insipide, insignifiant. Pour peu que l’on ait la patience d’écouter les gens, on découvre infailliblement qu’ils débordent tous de richesses, de savoirs et d’expérience, hors…de l’ordinaire», écrit-il dans l’avant-propos de son recueil de rencontres.
N’importe qui «Je suis très sensible. Je laisse parler les gens et je les écoute. S’il s’agit d’une vedette, je lis tout sur elle. Je n’attaque jamais, je compatis. J’ai obtenu plus de confidences de personnes en étant gentil. Et c’est vraiment les premiers moments qui sont décisifs.» Celui qui a commencé en journalisme au défunt Petit Journal en 1954 avoue même ressentir encore parfois des papillons dans l’estomac avant de s’asseoir avec quelqu’un. «Quand c’est une personne qui a un certain vécu, j’ai toujours une petite crainte de ne pas être à la hauteur.» Bien qu’il ait signé plus d’une trentaine de livres au cours de sa vie, Stanké n’a jamais écrit d’œuvres de fiction. «La vie me donne trop de belles rencontres. Leur vie est plus fascinante que ce que je pourrais trouver dans mon imagination.»
Malheureusement, c’est tout le temps que nous avons...
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