JEAN-PAUL DUBOISBêtes humainesClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 01-03-2007 | 13h00
Paul Hasselbank est atteint d’une maladie dégénérative, la même qui a fait mourir son père dans la cinquantaine quelques années auparavant. Sur sa table de chevet, la photo de son ex-femme, Anna, lui rappelle à quel point elle lui manque. Elle est peut-être à Thunder Bay, au Canada. C’est là-bas qu’il ira, engagé dans un long périple au bout duquel il croisera le destin de Floyd Paterson. Lui aussi a l’âme amochée et doit sa survie au cœur d’un assassin qu’on lui a greffé il y a quelques années. Lui aussi a vécu, il n’y a pas si longtemps, avec cette même Anna… Observation Un narrateur omniscient observe la rencontre entre ces deux hommes, j’oserais même dire ces deux bêtes, qui ont aimé la même femme dans leur continent respectif. Combat de coqs, conflit de valeurs, vulnérabilité et sensibilité émotive les opposent violemment. «Il pensa à la souffrance animale. À la façon dont les bêtes ressentaient et comprenaient la douleur. Il était convaincu que les animaux vivaient en permanence dans l’inquiétude, hantés par la peur de la mort même s’ils ne pouvaient ni la nommer ni la comprendre.» Peu à peu, les deux hommes se transforment, reviennent à leurs origines les plus brutales et pures à la fois, redeviennent deux animaux sauvages engagés dans une poursuite contre la mort et dans laquelle il y aura un prédateur…et une proie!
En fin de course L’auteur d’Une vie française et de Vous plaisantez, monsieur Tanner trace le portrait d’une génération d’hommes, alliant leur sensibilité, leur courage et vulnérabilité. Le mélange des trois sent le sapin, le caribou et le sang. Un roman qui touche là où ça va mal.
Hommes entre eux
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