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UNE INDUSTRIE EN SANTÉ

Faire mieux avec moins

Michel Therrien
Le Journal de Montréal
13-11-2006 | 09h05
Alors que les livres se font de plus en plus nombreux sur les étagères des librairies, les éditeurs doivent redoubler d'effort pour leur assurer une vie lucrative.

Dans un monde où de plus en plus d'éditeurs se font la guerre en espérant faire paraître le prochain Harry Potter, Da Vinci Code, Si c'était vrai... ou Les Aliments contre le cancer, les maisons d'édition québécoises tentent tout de même de limiter leurs sorties de livre. «Bien que j'en lance tout de même 45 ou 50 par année, je ne veux pas trop en publier non plus», indique Michel Brûlé, éditeur chez Les Intouchables.

Pertes interdites

La raison qui motive cette attitude est simple: l'éditeur québécois veut rentabiliser chacun des ouvrages qu'il proposera aux lecteurs de la Belle Province. «Il y a trop de gros éditeurs qui se permettent d'échapper un ou deux titres qui ont du potentiel. Moi, je veux vraiment tout faire pour que chacun des livres atteigne son rendement maximal.»

Aux Éditions Robert Laffont, on applique cette même politique qui vise à prioriser la qualité plutôt que la quantité. «Il y a tellement d'offres qu'on essaie de moins publier afin de mieux soutenir les livres qu'on publie.»

Cette manière de faire semble porter ses fruits si l'on considère par exemple que Les Intouchables seront parvenus à vendre 500 000 exemplaires de leurs parutions l'an dernier. «Et cette année, je prévois dépasser ça assez largement.»

Opération séduction

Afin d'être rentables dans ce marché fort concurrentiel, les éditeurs doivent jouer les séducteurs. Bien avant de penser aux lecteurs, ils doivent penser à des stratégies pour plaire aux médias et aux libraires. «Pour nous, c'est d'abord le libraire qui compte parce qu'il faut qu'il ait le goût d'en prendre beaucoup (des livres).»

Pour intéresser ce dernier, les éditeurs doivent se pointer avec des arguments de vente uniques qui peuvent reposer sur la renommée d'un auteur, sur la suite d'un livre à succès ou sur un sujet brûlant d'actualité. «C'est sûr que le fait d'arriver avec de grands auteurs comme Mark Levy et John Grishman représente une carte de visite magnifique pour nous», indique à titre d'exemple la représentante des Éditions Robert Laffont.

Pour certains, vendre des livres aux libraires ne suffit pas et pour réussir dans leur milieu, certains éditeurs ont compris l'importance de faire parler d'eux et de leur livre de manière plus dynamique.

Michel Brûlé est l'un de ceux-là. Il a décidé de miser sur la publicité sans limites. Il serait d'ailleurs peu probable que vous n'ayez pas aperçu l'un de ses énormes panneaux publicitaires. «Juste dans les trois derniers mois, j'ai dépensé 100 000$ dans les présentoirs.»

Pour ce dernier, les efforts axés sur la visibilité ne se font pas en vain. «Il y a environ 100 livres qui sont publiés chaque jour en langue française. C'est énorme, alors si tu veux être vu, il faut offrir un produit qui est mis de l'avant.»

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