Accueil Divertissement
 
JDM
Une industrie en santé - Le Québec à la page

UNE INDUSTRIE EN SANTÉ

Le Québec à la page

Michel Therrien
Le Journal de Montréal
13-11-2006 | 08h57
L'accès grandissant à Internet, la multiplication des chaînes télévisuelles, l'effervescence du marché du DVD et des jeux vidéo pourraient donner l'impression que les Québécois ont moins le temps de lire qu'avant. La hausse des ventes de livres dans les librairies prouve pourtant le contraire.

Selon les spécialistes du milieu littéraire, c'est parce que le lectorat de l'an 2000 a changé que le marché du livre se porte si bien aujourd'hui. «Au cours des dernières années, il n'y a que de la croissance qui s'affiche. C'est un secteur qui est en santé. Le livre est devenu un bien de consommation qui n'est plus nécessairement réservé à une certaine élite et qui se popularise de plus en plus», explique Philippe Laperle, directeur des achats et de la mise en marché chez Archambault.

S'ils constatent que les femmes lisent toujours plus que les hommes, les bonzes du livre ont remarqué une récente augmentation du lectorat masculin. «Ils lisent des essais, entre autres. C'est surtout le cas depuis le 11 septembre (2001). Ils veulent savoir», indique Carole Morency, responsable des relations publiques chez Renaud-Bray.

La vraie magie de Harry Potter

Cet enthousiasme est aussi palpable chez les jeunes lecteurs, qui auront donné les premiers signes de cette réappropriation du livre avec le succès répété des aventures de Harry Potter et du Seigneur des anneaux. «Ils ont aidé à développer l'engouement pour le fantasy et il n'aura fallu que peu de temps pour que l'offre croisse dans ce domaine», note Mathieu Loubert, coordonnateur au livre français chez Archambault.

Voyant l'intérêt grandissant du jeune public pour le livre, certaines maisons d'édition n'hésiteront pas à consacrer un créneau à cette littérature. Chez Les Intouchables, Michel Brûlé croit qu'il aura été un joueur de premier plan dans cette effervescence. «Les jeunes lisent plus que jamais. Je crois qu'on a joué un rôle important pour attirer de nouveaux lecteurs lorsque je regarde l'engouement qu'ils ont pour nos séries jeunesse. Comme exemple, je peux vous dire qu'un tirage de 5 000 exemplaires d'un tome d'Amos Daragon, ça dure une semaine et demie.»

Outil de savoir

D'autres, dont Pauline Normand, éditrice déléguée aux Éditions Robert Laffont, ont noté que le comportement social des Québécois avait influencé leurs habitudes de lecture. «On a des lecteurs qui ont des loisirs plus diversifiés qu'avant. On a ainsi remarqué que lorsqu'une personne va commencer à faire du sport ou une activité quelconque, elle sera tentée de s'acheter un livre sur le sujet.»

Selon cette dernière, le livre serait donc plus présent que jamais dans la vie des gens d'aujourd'hui. «Ils ne l'achètent pas nécessairement pour lire une bonne histoire, pour s'évader ou réfléchir, mais c'est aussi pour se documenter.»

Toujours plus

Consommation oblige, les librairies ne cessent de profiter de l'augmentation de leurs ventes. Chez Renaud-Bray, on parle d'une progression annuelle moyenne de 8% depuis plusieurs années. «Nous sommes vraiment tributaires des titres qui sortent. C'est ainsi que lorsqu'il y a un Janette Bertrand, un Josée di Stasio ou un J.K. Rowling (Harry Potter) qui sort, il y a plus de gens qui entrent dans la librairie», indique la responsable des relations publiques chez Renaud-Bray.

Pour pallier la demande grandissante et diversifiée du consommateur, les libraires achètent donc plus de livres aux éditeurs. «On reçoit en moyenne 500 nouveaux titres par semaine.»

Cette soudaine abondance résulte aussi d'une plus grande abondance de titres disponibles, de l'importance de la publication mondiale (et surtout française), mais aussi de la production québécoise, qui a fait sa place et sa marque au cours de la dernière décennie. «Chaque année, elle nous semble plus considérable que l'année précédente», ajoute le représentant de chez Archambault.

En contrepartie, Carole Morency, de Renaud-Bray, avoue que la quantité phénoménale de livres qui se retrouvent dans leurs différents magasins fait en sorte que certains livres passent inaperçus. «C'est un milieu très spécial. Il y a une question de marketing, de noms d'auteur, de couvertures de livre et de sujets d'intérêt.»

Habitudes de lecture des Canadiens*

  • Canadiens ayant lu un livre: 61,3%
  • Hommes ayant lu un livre: 54,3%
  • Femmes ayant lu un livre: 68,2%
  • Canadiens ayant lu au moins un livre par semaine: 31,1%
  • Canadiens ayant lu au moins un livre par mois: 36,2%
  • Canadiens ayant lu au moins un livre tous les 3 mois: 17,6%
  • Canadiens ayant lu au moins un livre tous les 6 mois: 8%
  • Canadiens ayant lu au moins un livre par année: 6,2%

    * Selon la dernière étude de Statistique Canada, parue en 1998.

    haut