Y'A DES MOMENTS SI MERVEILLEUXDans l'intimité de la grande DodoSuzanne Gauthier Journal de Montréal 29-10-2006 | 12h32
C’est à la main, comme elle l’a appris au couvent, que madame Michel a rédigé les vingt cahiers de cent pages chacun, contenant cette vie palpitante qui se retrouve dans ce livre, qu’on dévore du début à la fin. On rit de ses nombreuses et cocasses aventures et on pleure avec elle, entre autres lors de la mort de son père. On est fatigué pour elle en la suivant dans les clubs de nuit, puis sur les si nombreux plateaux de télévision. On tripe fort avec cette grande dame lorsqu’elle nous fait partager sa vie qui, parfois, ressemble à celle des gens riches et célèbres. On l’envie d’avoir autant de bons amis. On la plaint souvent lorsqu’elle trouve sa mère ivre morte. La comédienne nous permet d’entrer dans sa vie comme si nous faisions partie de ses intimes. Un privilège qu’il ne faut pas refuser. La mère de sa mère C’est grâce aux innombrables coupures et pages de journaux que collectionnait sa mère que Dominique Michel a pu faire ce retour dans le temps. « Les événements professionnels me ramenaient à ma vie personnelle. » Ce grand voyage dans le passé, la comédienne l’a abordé comme un film qu’elle regardait, non comme une thérapie. « Par contre, je te dirais que l’écriture de ce livre m’a permis de constater que j’avais beaucoup travaillé ! « C’est ce que je retiens le plus », dira Dominique en se souvenant, entre autres, de la fois où, quelques minutes avant sa première à la Comédie canadienne, elle reçoit un appel téléphonique qui lui annonce que sa mère vient de tomber du balcon et que sa tante Jeanne s’est cassé le bras. « Il fallait que je signe pour que ma mère soit hospitalisée, puisque c’était moi qui m’occupais d’elle. Je suis allée signer et je suis revenue en vitesse au théâtre. « Dire qu’il faut être concentrée pour une première ! » Des aventures semblables à cause des problèmes de consommation de sa mère, Dominique Michel en a vécu plus d’une. « Comment je faisais pour faire tout ça ? Comme je l’écris : des fois, on voudrait être orphelin ! » Durant de nombreuses années, la généreuse comédienne a été la mère de sa mère. « Je voulais qu’elle ait une belle vie. Je lui avais dit d’arrêter de travailler à cinquante ans. Je lui donnais de l’argent à chaque semaine ; je ne voulais pas qu’elle soit obligée de me quémander des sous. » Dominique a adoré sa mère, qu’elle trouvait si gentille lorsqu’elle était sobre. L’importance des amis La petite Sylvestre est une fille unique, qui s’est fait une famille avec ses nombreux et bons amis. Ces derniers viennent de tous les milieux et la comédienne sait qu’elle peut compter sur eux, du moins sur quelques-uns, si ça va mal. Dans sa biographie, Dominique nous fait partager les bons moments qu’elle a partagés avec eux, dont quelques-uns sur l’île paradisiaque de Saint-Barthélemy, un endroit fréquenté par les riches de ce monde. Dominique y a vécu la vie des gens riches et célèbres, mais : « Je ne le voyais pas comme ça. Je voyais ça comme du bien-être. J’ai travaillé fort. J’ai fait du pognon. Je me suis fait voler plus de 400 000 $…», termine celle qui, sur cette île, était « madame Atlas », la voisine de David Letterman.
Une femme à hommeDominique Michel est une femme très populaire auprès de la gent masculine. La comédienne a eu un seul mari mais plusieurs beaux amants, qui l’ont malheureusement presque tous trompée. Elle a mis fin à son union légale à cause des problèmes de consommation de son joueur de hockey de mari. « J’avais connu ça avec ma mère ; je n’avais pas envie d’avoir un mari alcoolique en plus. » Si elle a quitté son mari, elle a aussi été trompée par de nombreux amants. « Mais tu sais, je réalise aujourd’hui que j’étais très possessive. Je me rends compte que je ne laissais peut-être pas assez d’espace aux hommes de ma vie. « Henri Atlas s’est lassé parce qu’il trouvait que je travaillais trop, mais lui, lorsqu’il partait pour la pêche ou la chasse, je le laissais aller… » Dominique Michel a beaucoup aimé ses hommes. Malgré ça, elle ne regrette pas une seconde de n’avoir pas abandonné sa carrière pour un ou plusieurs d’entre eux. « Ils m’auraient peut-être laissée quand même et je n’aurais que mes yeux pour pleurer. Mes yeux, une boîte de kleenex et un divan. Et j’encaisserais ma pension de vieillesse ! » Une blessure d’orgueil Dominique Michel n’a pas intitulé sa biographie Y’a des moments si merveilleux pour rien. Elle a vécu des moments magiques. « C’est alors que je faisais sur scène mon spectacle Showtime Dominique Showtime que je suis tombée amoureuse du docteur Atlas. Plus rien n’avait d’importance à part lui. C’est un homme que j’ai beaucoup admiré. » Aujourd’hui, la fidélité n’a plus la même signification pour Dodo. « Est-ce qu’il y a des hommes qui n’ont jamais trompé leur femme ? Si oui, j’aimerais bien les voir. On va en faire des statues et les donner en exemple. Je me rends compte que je suis une orgueilleuse et ça me faisait suer que tout le monde sache que j’étais cocue. « Nicole Kidman n’a pas dû trouver ça drôle non plus. Surtout qu’elle, c’est le monde entier qui l’a su. Moi, c’est juste le Québec. J’me console avec ça », dira en riant la belle Dominique Michel, qui réalise très bien qu’il était normal que ses beaux amants soient très sollicités. Aujourd’hui, même si elle vit présentement seule, Dominique Michel n’a pas fait une croix sur une éventuelle vie de couple. Contrairement à plusieurs, la comédienne est convaincue que ce n’est pas le quotidien qui nuit aux couples, au contraire. « J’aime le quotidien et je trouverais ça l’fun de vivre avec quelqu’un. « Ceci dit, je ne déteste pas vivre seule. »
De tout et de rienDans sa biographie, Dominique Michel parle de tout, tout, tout.
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