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EXTRAITS

Napoléon, L'exiil en Amérique

30-04-2010 | 16h42

Chapitre III

New York

Une chaleur humide et accablante pèse sur New York. Les quais sont encombrés de dockers, de caisses, d’immigrants, de valises, de marchands, d’armateurs, de matelots. Des hommes, s’interpellant dans plusieurs langues, s’affairent à décharger des cargaisons de thé venues d’Orient.

Des peaux de loutres empilées et des cargaisons de boules de coton attendent d’être chargées sur des navires anglais en partance pour Liverpool. Mais pas de contrôleurs de papiers, ni de douaniers.

– On entre dans ce pays comme un courant d’air ! s’esclaffe la comtesse Bertrand.

Des vendeurs de journaux agitent la dernière édition du New York Evening Post, ainsi que des journaux anglais vieux de deux mois. Des commerçants ambulants offrent leurs services: voitures, chevaux, auberges, pensions. L’un d’eux s’adresse à Las Cases.

– Je n’ai rien compris ! dit-il en se tournant vers Napoléon.
– C’est de l’américain, dit Mme Bertrand. Il faudra s’y habituer !
La Magdelaine n’est pas encore arrivée avec les bagages. Peut-être demain. Pendant que le général Bertrand s’affaire à louer des voitures, Napoléon offre au commandant Beaudin un boîtier en or portant son effigie.

– Si vous restez encore quelque temps à New York, je vous invite à dîner le 22 à l’hôtel City.

Le commandant accepte l’invitation avec plaisir. Le colonel Planat aperçoit un journal par terre et le ramasse. C’est le New York Evening Post de la veille. Il le tend à Mme Bertrand pour qu’elle traduise. Un article fait état de l’arrivée probable aux États-Unis de personnalités françaises de premier plan, suite à l’abdication de l’Empereur Napoléon et du retour des Bourbons sur le trône. Le journaliste couvre les activités du port; il informera ses lecteurs de l’identité de ces personnalités. Est-il sur place en ce moment?

Napoléon se hâte de monter en voiture. Il fait déjà nuit. La découverte de la ville, ce sera pour demain. Les voitures remontent Broadway. À une dizaine de carrefours plus au nord, entre Thames et Liberty Street, elles s’immobilisent devant un chic hôtel de cinq étages, tout neuf, de style fédéral1, le plus grand et le plus luxueux hôtel des États-Unis, avait dit le commandant Beaudin. De beaux équipages sont alignés devant l’entrée. Planat descend de voiture pour y louer des chambres. L’hôtel compte quelque quatre-vingts chambres et suites, ainsi qu’une luxueuse salle à manger et une grande salle de bal au rez-de-chaussée.

La suite de Napoléon a été louée au nom du colonel Muiron. Personne ne soupçonne encore l’identité du nouveau client. La suite, meublée dans le style géorgien, est spacieuse, confortable. Elle comporte une chambre à coucher, un salon, une salle à manger et une salle de bain. Les fenêtres donnent sur un jardin anglais.

Napoléon demande à Ali de lui fournir du papier avec l’entête de l’hôtel. Il désire informer immédiatement le président Madison2 de son arrivée en sol américain.

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