DOUGLAS KENNEDYMaître de son destin04-05-2009 | 04h00
Traduit sous toutes les latitudes et encensé presque partout où il passe, cet auteur de 54 ans originaire de Manhattan a probablement accordé plus d’entrevues qu’il ne reste de baleines bleues dans le monde! Il n’y a d’ailleurs qu’à l’interviewer pour comprendre à quel point il y est habitué, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Il parle donc avec aisance de son dernier-né sans se faire prier. D’un autre côté, il s’est probablement déjà fait poser toutes les questions possibles et inimaginables et y a vraisemblablement répondu. La question qui revient le plus souvent (et que nous nous sommes évidemment empressés de rayer de notre liste) est: «Où trouvez-vous vos idées?» Entre deux bouchées de bagel tartiné de fromage à la crème qu’il savoure au restaurant chic de l’hôtel W où il a choisi de séjourner pendant son bref séjour à Montréal, Douglas Kennedy explique: «Honnêtement, c’est une question juste, car lorsqu’on voit ce pavé de 500 pages (i.e. Quitter le monde), il est normal de se demander comment j’ai pu écrire ça.» Avant de répondre: «Aucune idée! Quand je commence un roman, je connais le narrateur et une partie du dénouement, mais le reste vient en cours de route.» Il savait donc que Jane Howard en serait l’héroïne, «une femme brillante qui, même si elle comprend la littérature et reconnaît que la vie n’est pas manichéenne, commettra d’énormes erreurs», et que la mort de son enfant dicterait le dénouement. À coeur ouvertCinq cents pages plus tard, il reconnaît que, sans être autobiographique, son roman en dit également long sur lui et sur sa propre enfance. Tout comme Jane, il est né un 1er janvier et il a longtemps cherché à se démarquer et à se surpasser afin d’attirer l’attention de ses parents et d’obtenir, par ricochet, amour et reconnaissance. «Rares sont ceux qui ont connu une jeunesse parfaitement heureuse et, une fois adulte, on passe finalement son temps à se relever des fautes qui nous ont fait souffrir. Ma mère a quitté son poste dans les années 50 afin de pouvoir m’élever et elle l’a toujours regretté. Elle me l’a dit clairement. Alors si mes romans marchent autant, je pense que c’est parce que j’écris mes propres contradictions en posant des questions évidentes et que mon truc, c’est la vie de couple et les tensions perpétuelles qu’elle génère entre désir d’enfants et rêve d’une vie indépendante.»
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