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Le Poison de la favorite - Une odeur de scandale
© Robert Etcheverry
Jennifer Ahern

LE POISON DE LA FAVORITE

Une odeur de scandale

18-03-2009 | 15h59
Ceux et celles qui se sont délectés de Parfum de courtisane, en nomination pour le Grand Prix de la relève littéraire Archambault 2008, seront ravis de retrouver l’univers de Jennifer Ahern, qui nous revient avec Le Poison de la favorite, deuxième tome de sa trilogie Noblesse déchirée, une saga qui entraîne le lecteur dans un tourbillon d’intrigues et de passions racontées avec éclat. Rencontre avec l’auteure.

Parfum de courtisane est en nomination pour le prix de la relève Archambault. Comment percevez-vous cette reconnaissance?
    C’est pour moi un honneur que de figurer parmi les auteurs en nomination pour ce prix de la relève. La reconnaissance des lecteurs et des lectrices est importante pour moi, ça me nourrit et ça me donne envie de continuer à écrire!

Le Poison de la favorite, tome 2 de la série, aborde un tout autre registre que le premier tome, Parfum de courtisane. Pourquoi cet univers d’intrigues et de mystères?
    Le XVIIe siècle est une période riche en contrastes. Alors que dans les salons parisiens on débat, on lit Descartes, on se vante d’être philosophe, au même moment l’aristocratie française se trouve mêlée à une affaire criminelle impliquant sorcellerie et empoisonnements. L’affaire des poisons est fascinante à plus d’un égard. C’est le dernier pont avant les Lumières. Je voulais que Margot et sa famille soient impliquées dans ce scandale, qui a marqué l’époque de façon considérable.

À qui s’adresse Le Poison de la favorite?
    À ceux qui ont lu Parfum de courtisane et qui souhaitent connaître la suite, bien sûr. Ceux qui ne l’ont pas lu pourront commencer avec Le Poison de la favorite sans trop de difficulté. Les amateurs de romans historiques, de cape et d’épée, de romantisme seront servis.

Comment vous préparez-vous à la rédaction de votre roman? Que faites-vous pour vous mettre dans cet univers?
    Écrire un deuxième tome pourrait se comparer à renouer avec d’anciens amis. Cela vient presque naturellement. J’avais hâte de me replonger dans l’univers de Marguerite et de Xavier. Ensuite, la recherche est incontournable, puisque je situe mon récit dans un cadre bien précis. Cette fois-ci, j’ai consulté de nombreux livres sur l’affaire des poisons. Je me suis imprégnée du mystère entourant cette affaire à travers la lecture de différents ouvrages de référence.

    La sorcellerie est un thème récurrent dans le livre. Pour mieux en saisir les rituels, j’ai discuté longuement avec une personne qui travaille quotidiennement avec ces concepts.

    Dans un autre domaine, ayant très peu de connaissance sur les chevaux et l’équitation, j’ai rencontré un éleveur et entraîneur de chevaux de race. Ce fut une visite très instructive, qui m’a permis de mieux comprendre ces animaux, qui sont finalement très présents dans Le Poison de la favorite.

Qu’est-ce que l’on éprouve quand on achève l’écriture d’un roman?
    Chaque tome est un volet de l’histoire qui se termine. Je ressens un grand sentiment d’accomplissement. J’appréhende la fin de la trilogie, qui mettra fin à une belle relation avec les personnages.

Êtes-vous plus romancière ou plus historienne?
    Définitivement romancière. Pour moi, les historiens font un travail qui nécessite une analyse, une minutie et, bien sûr, une connaissance approfondie de la trame sociale, économique, spirituelle d’une époque. Leurs conclusions alimentent mon récit et lui donnent un cadre. Mais bien que je m’inspire de l’Histoire, je considère l’écriture d’un roman comme un exercice de création.

Auriez-vous aimé vivre à une autre époque?
    J’aurais aimé vivre au XVIIe siècle, mais pour les bons côtés. On ne parle pas assez de la misère qui sévissait à cette époque, de la distinction de classes qui régissait le sort des petits et des grands et du peu de liberté qu’avaient les femmes. Des femmes comme Ninon de Lenclos* n’était pas légion et celles qui étaient célibataires suscitaient le dédain, la méfiance et le rejet.

    Ma curiosité me pousserait certainement à voyager dans le temps si cela était possible. J’aurais aimé voir construire Versailles et comprendre la fascination d’un peuple pour son monarque. J’aurais aimé aussi participer à l’émergence du courant libertin.


* Ninon de Lenclos est le symbole de la femme cultivée et indépendante, reine des salons parisiens, femme d’esprit et de cœur, représentative de l’évolution des mœurs des XVIIe et XVIIIe siècles français et précurseur de la femme libre.

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