Accueil Divertissement
 
Canoe.ca
Silence de mort - Un nouveau Chrystine Brouillet

SILENCE DE MORT

Un nouveau Chrystine Brouillet

Vanessa Guimond
10-06-2008 | 21h13
L’écrivaine québécoise Chrystine Brouillet lançait aujourd’hui Silence de mort, le huitième tome de la populaire série policière mettant en vedette la détective Maud Graham.

Dans Silence de mort, le célèbre personnage enquête sur un double meurtre. Un jeune homme est trouvé près du fleuve mort d’une balle en plein front tandis que sa conjointe est retrouvée étranglée dans sa maison. Rapidement, la police découvre que le couple, associé au trafic de drogue, frayait dans le milieu du crime organisé. Tout le monde croira à un règlement de compte, sauf l’héroïne Maud Graham.

En cette soirée de lancement, c’est une Chrystine Brouillet détendue et souriante qui a pris le temps afin de parler de la relation qu’elle entretient avec la célèbre détective.

Quel type de relation entretenez-vous avec Maud Graham?

Pour moi, Maud Graham est une grande amie. C’est un personnage que j’aime. Plusieurs personnes croient que c’est mon alter ego, mais ce n’est pas le cas. Nous sommes très différentes en fait. Maud est très sérieuse et grave. J’ai voulu la rendre un peu plus joyeuse au fil des années. Je crois que ça s’est même amélioré un peu. Elle a beaucoup évolué et elle vit mieux sa vie parce qu’elle est moins seule maintenant. D'abord, il y a Maxime qu’elle a plus ou moins adopté. Il y a aussi son copain, le médecin légiste Alain Gagnon qui malheureusement va prendre sa retraite. Cette perspective l’inquiète et l’insécurise, mais bon, c’est parce que c’est une femme normale. Quand je l’ai créé, ce que je voulais, c’était inventer un personnage qui nous ressemble. Les femmes étaient toujours très stéréotypées dans les romans policiers. Ce n’est pas ça la réalité. Une femme, peu importe qu’elle soit avocate, policière ou journaliste, se retrouve confrontée à des problèmes dans son travail et dans sa vie sentimentale. Nous avons tous nos petits problèmes. On se regarde et on se dit qu’on aimerait perdre quelques kilos. On arrête de fumer, puis on recommence. On se met des verres de contact pour plaire alors qu’on a de la misère à les supporter. Ce genre de choses font de Maud une personne ordinaire. Sa vie est peut-être différente en raison du métier qu’elle pratique. Mais dans la vie de tous les jours, elle doit conjuguer amour, famille et travail comme la plupart des femmes.

Savez-vous déjà dans quelle direction évoluera Maud au cours de vos prochains romans?

Elle va vieillir tranquillement. Je la fais vieillir de six mois par livre. Elle est chanceuse, elle vieillit moins vite que moi! (rires) Je vais la garder jusqu’à la fin de mes jours. Nous allons mourir ensemble. C’est un personnage que je ne ferai jamais disparaître. Je ne veux pas faire la même erreur qu’a faite Conan Doyle avec Sherlock Holmes. Il l’a tué et a été obligé de le faire ressusciter. Moi je vais le garder. Je l’aime.

Vous avez déclaré que ce roman est le plus autobiographique que vous avez écrit. Quelle partie de vous se retrouve dans Silence de mort?

En fait, c’est un clin d’œil que j’ai fait. Il y a deux histoires. Il y en a une qui traite de trafic de drogue avec des jeunes. Il y en a une autre qui raconte comment de gens qui sont harcelés par une voisine très bruyante. Je peux en parler, car tout ça se produit au début du roman. Un de mes personnages finit par tuer la voisine qui était trop bruyante. C’est un fantasme que j’ai eu. J’ai eu des voisins bruyants et pour être bien honnête, j’ai eu des rêves de kalachnikovs. Je me suis retenue, mais j’ai laissé libre cours à ce fantasme dans le roman.

Est-ce que vous transposez souvent certains fantasmes ou certaines frustrations dans vos romans?

Non, c’est la première fois que ça arrive. Par contre, je peux parler de choses qui m’intéressent ou qui m’inquiètent. De toute façon, quand on est auteur de romans policiers, on devient témoin de ce qu’est notre société et de ce qui s’y passe. Par contre, je n’inclus rien de moi dans mes livres…à part pour tout ce qui concerne le vin et la nourriture. Ça, c’est moi. Tous les vins ont été testés, vous pouvez les acheter sans inquiétude. Je parle de ce que je connais. (rires)

haut