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© Jacques Bourdon - Journal de Montréal |
Jérémy Gabriel |
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JÉRÉMY GABRIEL
La foi de Jérémy
Claudia Larochelle
18-11-2007 | 16h05
Après la concrétisation de son
dernier rêve de chanter pour le
pape Benoît XVI à Rome, rien de
moins !, Jérémy Gabriel rêvait
d’un livre. Le voilà.
«Suffit de rêver pour que ça se réalise.
Rêver, rêver, rêver, c’est le bon Dieu qui
m’a dit d’y croire»,me dit-il d’emblée,
par un matin pluvieux d’octobre…
Permettez-moi d’être sceptique.
Pourtant, quand il a souhaité chanter
au Centre Bell, enregistrer un disque,
rencontrer Saku Koivu, Céline Dion et
le pape, il l’a fait.
Puis, Jérémy Gabriel est devenu une
sorte d'«icône» québécoise, l’incarnation
de la persévérance et de la
confiance en soi. Son message est
empreint de positivisme et de bonté.
À côté de ce qui se déroule en Afghanistan,
ça change la donne.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’auteur
et PDG des éditions Presses de la Renaissance à Paris,
Monsieur Alain Noël, n’en
était tout simplement pas revenu de cette
histoire de petit Québécois handicapé qui
dépasse les frontières de son pays pour
réaliser ses plus chers désirs.
En même temps, Noël avait en tête
l’imagerie négative des enfants poussés
devant les médias par leurs parents et
se questionnait sur leurs motivations.
UNE VISION CLAIRE
Fasciné, il a fait les démarches pour
rencontrer Jérémy au Québec. «Sa
force de caractère et sa foi spontanée
m’ont coupé le souffle, ses réponses
mais surtout ses réflexions qu’on n’apprend
pas, qu’on n’attend pas à son
âge. La plupart du temps, elles
tapaient dans le mille. À 10 ans, Jérémy
a déjà développé ce qui manquera
toujours à certains: une vision de la
vie élaborée, claire et personnelle. Ça
sonnait juste», écrit l’auteur dans La
Vie rêvée de Jérémy, qui n’aurait
jamais vu le jour cette semaine chez
nous sans cette rencontre.
Il n’en fallait pas plus pour que Jérémy
et ses parents s’entendent pour
accueillir l’auteur chez eux dans leur
maison en banlieue de Québec pendant
la semaine de relâche scolaire.
Ce dernier, qui habite avec le couple et
leurs trois enfants, observe, prend des
notes, enregistre quelques-unes de ses
conversations avec Jérémy dans son dictaphone,
parle aussi beaucoup avec Sylvie,
la mère de l’enfant. Elle lui explique
comment elle a su que son enfant était
atteint du syndrome de Treacher-Collins,
une maladie génétique rare qui se
caractérise par une malformation plus
ou moins grave du visage, et à quel point
elle en a ressenti de la culpabilité.
UN POISSON DANS L’EAU
Ces confidences de la mère ainsi que
le parcours de son enfant font partie de
ce livre sobre, dépourvu d’effets sensationnalistes
et de trop de photos clinquantes
de magazines à potins que
celui que le Québec surnomme «le p’tit
Jérémy» ira même présenter ce mois ci
à Michel Drucker sur le plateau de
Vivement dimanche. L’enregistrement
a eu lieu il y a quelques jours dans les
studios de France 2 à Paris.
Pourtant, quand il déclare dans le livre
la façon dont les rêves viennent à lui,
plusieurs personnes peuvent être tentées
de «débarquer», ne sachant pas
comment prendre le message de l’enfant.
«Je fais des rêves pendant la nuit,
mais ils se réalisent lorsque j’ai des
flashs[…]C’est comme un phénomène
laser. Ça ne dure pas plus d’une seconde
trois quarts et puis c’est tout […]C’est
Dieu qui choisit les flashs, c’est lui qui
contrôle. C’est comme s’il était dans sa
grande maison là-haut, et qu’il y avait
les flashs de toutes les personnes sur la
Terre. Alors Dieu fait ça.»
Comme il s’agit d’espoir et d’amour, d’un enfant
handicapé qui a dompté ses difficultés –
qui n’ont rien à voir avec un divorce ou
un mal de dents…–,on a envie d’y croire.
Il doit s’agir d’une question de foi.