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Malbouffe - Le cauchemar alimentaire américain
© Photo Claude Rivest
Le journaliste français William Reymond

MALBOUFFE

Le cauchemar alimentaire américain

Par Manon Guilbert
Le Journal de Montréal
29-05-2007 | 09h38
Le journaliste William Reymond n’en est pas à sa première publication-choc. Dominici non coupable, JFK le dernier témoin, Coca-cola l’enquête interdite lui ont déjà valu d’être parmi les meilleurs vendeurs d’enquêtes livresques.

William Reymond, journaliste français que le travail a amené vers les USA et plus précisément vers le Texas, vient de faire paraître Toxic, un cri d’alarme devant cette pandémie qu’est l’obésité et ce qu’elle entraîne déjà comme conséquences dramatiques.

«Le point de départ de ce livre, explique-t-il, est mon déménagement de la France au Texas. Ça n’a pas été très long avant que je prenne 30 kilos. J’étais incapable de les perdre tout en suivant les conseils pour maigrir. On ne se rend pas compte de ce qu’on met dans notre assiette pour faire plus rapide, plus joli, plus appétissant. On mange des mets industrialisés trop salés, trop sucrés. On a brisé quelque chose dans la chaîne alimentaire.»

Dans les écoles
William Reymond se penche sur le sujet depuis plusieurs années déjà. Avant la parution de son livre Toxic, il donnait déjà des conférences dans les entreprises, dans les écoles.

«Il y a tout un travail d’éducation à faire. Il faut tout remettre en question. Bien sûr, il a des solutions. Il est évident que tout ce qui est culture biologique est plus cher, mais on pourrait choisir, par exemple, de manger les fruits et les légumes poussant près de la terre ayant été cultivés biologiquement. Ce n’est pas nécessaire pour les oranges, par exemple, desquelles, on enlève la peau.»

Il se défend d’être un ayatollah de l’alimentation et sait que les solutions viendront à condition de prendre conscience du désastre qui guette l’humanité.

«Il faudrait, continue-t-il, que nos gouvernements autorisent et interdisent certains aliments. Il est évident que tout ça va finir par coûter très cher à nos systèmes en place.»

Le journaliste a été son propre cobaye en choisissant de perdre les 30 kilos que le rythme de vie américain lui avait apportés. Il a évité les conserves, les plats préparés. Il a mangé de moins en moins souvent au restaurant, a éliminé les fritures et suivi un plan d’exercices. Il a retrouvé avec joie un mode de vie, et avec elle une énergie plus grande.

La malbouffe a un large pouvoir d’attraction. Les Chinois, dont on a vanté longtemps l’équilibre des régimes alimentaires, deviennent eux aussi victimes de cette pandémie de l’obésité. Ils seraient maintenant obèses dans une proportion énorme de un Chinois sur cinq. En Amérique latine, en Afrique, au Japon, on devient aussi gros qu’aux États-Unis.

«Il ne faut jamais oublier que manger est un plaisir convivial, souligne-t-il. On mange maintenant au volant de son auto, en regardant la télévision, face à son ordinateur. On oblitère complètement le plaisir. On devrait faire le tour de ses placards et éliminer tout ce qui ne va pas. Les sodas et toutes les boissons sucrées: on évite les plats préparés trop salés ou trop sucrés, c’est important.»

Alarme
William Reymond croit vraiment qu’il faut être alarmiste. Le signal a déjà sonné. Aussi importante que le sida, la grippe espagnole, la peste noire, l’obésité risque d’être responsable de la mort de millions d’humains.

«Quand l’espérance de vie de nos enfants est plus courte que celle de notre génération, il faut vraiment se poser des questions. Pour moi, c’est un combat du quotidien et je veux en informer les gens, conclut-il.

Toxic
William Reymond
Flammarion

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