Accueil Divertissement
 
Canoe.ca
Le Rendez-vous de Stephen Harper avec les Québécois - L’autopsie d’une nation

LE RENDEZ-VOUS DE STEPHEN HARPER AVEC LES QUÉBÉCOIS

L’autopsie d’une nation

Par Manon Guilbert
Le Journal de Montréal
05-03-2007 | 09h23
Cinquante-cinq pour cent des Québécois francophones s’identifient comme n’étant ni souverainistes ni fédéralistes. Un Québécois sur quatre et un Québécois francophone sur trois a voté pour le conservateur Stephen Harper. Chantal Hébert s’étonne. Le Québec deviendrait-il moins progressiste?

Avec toutes ses qualités de vulgarisatrice, qui lui viennent selon elle, de son grand intérêt pour la chose politique, Chantal Hébert a plongé au cœur même du débat.

«J’ai une job exceptionnelle, déclare-telle. Je n’ai pas le statut de touriste dans une ville ou dans l’autre. Quand j’écris à Toronto, je connais le point de vue de l’Ontario, quand j’écris au Devoir, je sais aussi à qui je m’adresse. Par exemple, hier, j’ai écrit deux chroniques, l’une en anglais et l’autre en français, sur Justin Trudeau; les angles sont différents même si le point de vue est le même.»

Raisons perverses
Chantal Hébert s’enorgueillit d’être une journaliste, de vivre sur le terrain tous les événements importants qui font l’histoire contemporaine du Canada. Elle souhaite aussi que son travail d’essayiste reflète bien son regard et ne ressemble pas à celui d’un politicologue.

Avec un petit sourire malicieux, elle avoue avoir délibérément trouvé son titre, Frenchkiss, en pensant au caractère frileux du premier ministre canadien.

«La politique, contrairement à ce qu’on en dit souvent, souligne-t-elle, n’a rien de prévisible. La réalité dépasse souvent la fiction. Celle-ci est souvent moins intéressante. Qui aurait pu dire que Stephen Harper serait aidé par les Québécois pour accéder au pouvoir?»

Dans un contexte où les enjeux changent où environnement, économie et mondialisation marquent l’essentiel des nouvelles préoccupations, la population, selon l’auteure, devient orpheline politiquement.

«Les véhicules ne sont plus les mêmes», dit-elle.

La liberté
Cette réflexion a motivé son écriture pendant tous les beaux mois de l’été dernier. Si l’exercice ne fut pas spécialement reposant, elle l’a néanmoins bien apprécié. Libérée des heures de tombées quotidiennes, obéissant à son propre rythme, elle a su approfondir des analyses qu’il lui faut livrer habituellement au quotidien.

«J’ai été troublée en regardant en arrière. J’ai repensé à Meech, à la stratégie post-référendaire de Jean Chrétien. Ça m’a réconciliée aussi avec l’idée qu’il ne faut présumer de l’avenir. Les élections au Québec? Je ne sais pas. Il y a un côté mathématique à tout ça. Une chose est sûre: il y en a deux sur trois qui ne reviendront plus après et dont on n’entendra plus parler. Deux sur trois font leur dernière campagne. Tous trois, Charest, Dumont et Boisclair, vont se battre fort», conclut-elle sur un ton où on sent bien qu’elle ne manquera pas d’observer et de commenter chacun de leurs faits et gestes.

Frenchkiss – Le Rendez-vous de Stephen Harper avec les Québécois
Chantal Hébert
Les Éditions de l’Homme

haut