DOMINIQUE DE SAINT MARSEntrevue avec l'auteure de Max et LiliPar Nora Merola 03-11-2006 | 15h24
L’auteure, une femme passionnée avec qui l'on prend plaisir à discuter, a beaucoup de choses à raconter sur les enfants et leurs parents. En effet, cette femme généreuse qui a la cause des enfants à cœur et qui déteste les voir souffrir, n’hésitera pas à reprendre une mère dans un supermarché parce qu’elle considère être témoin d’une injustice, voire d’un acte de violence gratuit fait à un enfant. Un parcours significatif Dominique de Saint Mars a fait des études en sociologie et a été journaliste pour Astrapi, un magazine d’enfants où elle traitait de sujets concernant la santé, le travail et l’éducation. Un peu comme si tous les chemins menaient vers son sujet de prédilection: l’éducation émotive des enfants. Avec Max et Lili, l’auteure a trouvé sa voie et continue à travailler pour le même public que chez Astrapi, c’est-à-dire les enfants de l’école primaire. «Je suis restée 16 ans à Astrapi, un journal pour enfant. Et là, j’ai été chef de rubrique d’une page qui parlait des problèmes de la vie, des problèmes psychologiques et sociologiques sur les conflits; en fait, un peu ce que j’ai fait ensuite avec Max et Lili. Et je faisais aussi des livres sur l’éducation sexuelle. Dans le journal, c’est moi qui répondais aux parents. J’étais un peu son oreille sociologique et psychologique.» Chez Astrapi, elle fait également la rencontre de l’illustrateur Serge Bloch, avec qui débute une collaboration qui se transformera au fil du temps en amitié. «Serge Bloch était aussi directeur artistique à Astrapi. C’est là que je l’ai connu et c’est là qu’on a travaillé ensemble. On a fait trois livres avec des héros qui sont en fait les ancêtres de Max et Lili. Ils s’appelaient Alice et Martin. C’était la genèse de Max et Lili et ça été long. Ça fait 16 ans que je travaille sur ces sujets.» L’auteure est passionnée par les enfants. Pourtant, lorsqu’on lui demande si les enfants sont le centre de son intérêt, elle répond que sa passion c’est plutôt le lien à créer entre les enfants et leurs parents. «J’aime beaucoup les parents aussi. (Rire) Je trouve que les enfants sont très intelligents et que ça vaut la peine de les éduquer à cette intelligence émotionnelle très tôt pour qu’ils se débrouillent bien dans la vie. À travers mes livres, je veux également donner aux parents la possibilité d’avoir de l’autorité, d’être sûrs d’eux et d’avoir confiance en eux en tant que parents.»
La création d’un Max et Lili «J’essaie surtout d’avoir de l’information fraîche et vécue par des gens que je connais. Et je ne fais jamais référence à des théories que je n’ai pas moi-même expérimentées. Je fais très attention à ça, pour justement avoir les mots justes et pas forcément des théories qui sont dans les livres.» Et c’est un procédé qui marche très bien, car on a l’impression d’entrer dans un monde réel où les problèmes, petits ou très gros, trouvent toujours un dénouement positif qui fait réfléchir les enfants, mais aussi les parents. Dominique de Saint Mars n’a pas de recette magique pour les histoires de Max et Lili. Les histoires sont en elle et sortent lorsque le sujet est assez mûr pour en faire un livre. «Un petit peu selon l’air du temps et en fonction de l’équilibre de la collection aussi, parce qu’il faut alterner les sujets légers et les sujets graves. En fonction de mes envies, en fonction des enfants que je rencontre. Si je rencontre une petite fille ou un petit garçon qui souffrent de quelque chose, ça me donne envie d’écrire. Pour aider les enfants.» Certains sujets n’ont pas encore été abordés, mais leur tour viendra, quand l’auteure sentira qu’il est temps de les sortir, que la société est prête pour ce genre de sujet. Des exemples? La mort de la mère, l’homosexualité, dieu, la religion… Quand on lui demande, aussi, si c’est possible que les sujets s’épuisent, elle répond que c’est plutôt l’énergie de les traiter qui peut un jour s’épuiser… «C’est plutôt l’énergie d’avoir à transformer un truc triste en quelque chose de drôle. C’est plutôt qu’il faut de l’énergie et de l’amour quoi. Beaucoup d’amour en soi et beaucoup d’énergie. Peut-être qu’un jour j’en aurai ras-le-bol. Mais pour l’instant ça va. Sinon, les sujets il y en a toujours, c’est la comédie humaine. Mais il y en a de plus importants que d’autres et ce n’est pas nécessairement les sujets que les adultes trouvent importants qui sont importants pour les enfants.»
Une mission auprès des enfants… «Aujourd’hui il y a plein de trucs qui sont plus difficiles: la séparation des couples, l’éloignement des grands-parents… Les parents sont plus stressés, leur avenir est plus incertain. C’est pour ça que moi, je me mets aussi du côté des parents en me disant que je suis leur amie. J’essaie de les aider car, malgré la communication, ils sont seuls aussi. En tout cas, ils disent que Max et Lili les aident à trouver les mots pour parler avec les enfants.» Dans Max et Lili, les enfants restent toutefois le point de mire de l’auteure: «Les parents sont là, mais ils n’ont pas trop de personnalité. Il ne faut pas qu’ils soient trop présents. C’est les enfants qui sont importants. Comme dans les contes de fées. Les adultes n’ont pas de nom dans les contes de fées. Il y a que les enfants et les héros qui ont un prénom. Dans Max et Lili c’est un peu pareil. La fin est toujours victorieuse. L’épreuve est toujours difficile et c’est les enfants qui sont importants. Enfin, ça aide les parents quand même… (rire).»
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