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India Desjardins  - Des histoires plein la tête

INDIA DESJARDINS

Des histoires plein la tête

Par Manon Guilbert, Photo Alfred Lanctôt
12-09-2006 | 08h41
India Desjardins a tâté du journalisme pendant quelque temps avant de réaliser que cette voie n’était pas la sienne. Elle a fini par se rendre en admettant finalement que l’écriture romanesque la tirait fermement par la manche depuis sa tendre enfance.

Il a fallu le lui dire. Et ce fut une révélation. Elle a lâché la ronde des entrevues journalistiques pendant lesquelles, avoue-t-elle avec un petit sourire gêné, elle laissait libre cours à son imagination et inventait mille histoires dans sa tête.
«C’était écrire des romans ou la dépression, dit-elle le plus simplement du monde. Ma mère était journaliste. Je voulais suivre ses pas. L’écriture pour moi, à cause de ce que j’avais vu et vécu plus jeune, passait nécessairement par le journalisme. De son côté, mon chum, lucide, n’arrêtait pas de me dire que j’étais davantage un auteur qu’une journaliste. Ça me mettait en colère…»

India Desjardins a fini par y croire et faire dans sa jeune vie le choix important. India Jones a été son premier projet d’écriture et elle a eu à se battre pour convaincre un éditeur de le publier. Plusieurs ne croyaient pas à ce genre «roman pour adolescents». Mais dès sa publication, il a su tirer son épingle du jeu. «Ça a bien fonctionné, dit-elle. Ça m’a permis aussi d’avoir quelques autres contrats.»

India Desjardins revient en ce début d’année avec les deux premiers tomes d’une série de romans dédiés aux adolescentes. Le Journal d’Aurélie Laflamme a d’emblée séduit l’éditeur. Neuf livres paraîtront dans les prochaines années et mettent en scène la jeune Aurélie, qui depuis ses neuf ans est orpheline de père.


Le deuil et les obstacles de la vie
«J’ai vécu un gros deuil en 2005, se souvient India Desjardins après avoir souffert d’un grave problème de santé. Je me suis posé la question en me mettant à la place d’une mère devant la détresse de sa fille qui vient de perdre son père. La vie, continue-t-elle, est pleine d’obstacles à traverser. J’ai eu envie d’offrir à mes jeunes lectrices l’image d’une héroïne qui réussit à traverser les difficultés de la vie. Dès le premier tome, je démontre mon attitude antisuicide.» India Desjardins, sur le mode «comédie dramatique», agrémente le quotidien d’un sourire. En écrivant, elle se pose en témoin de la vie d’Aurélie Laflamme, avec qui elle retrouve la saveur de sa propre adolescence encore bien présente dans le quotidien. «Je n’ai pas 30 ans dans ma tête, lance-t-elle. J’ai gardé le goût des amusements d’adolescentes. Quand j’écris, je me retrouve comme si je regardais un film pour ados. Je dois me forcer parfois à m’arrêter d’écrire tellement cette histoire m’embarque. Il me faut prendre quelque recul.»


Le bonheur
India Desjardins est heureuse. Elle a arrêté de colorer ses cheveux en rouge, d’acheter des vêtements, de manger au restaurant, d’aller prendre un verre avec les chums. Elle a des trous dans ses chaussures, porte ses cheveux au naturel, mange des légumes et s’en porte très bien. Dès le matin, elle est en forme pour s’installer à son ordinateur où elle retrouve son héroïne Aurélie Laflamme.

«Je ne pouvais m’imaginer en faire un métier, conclut-elle. Mon chum avait raison. Je n’étais pas une bonne journaliste, mais j’aimais le monde avec qui je travaillais. Je m’étais même vue vieillir avec mes confrères. Mais le roman, le plaisir de raconter des histoires, je l’admets, faisait partie de moi depuis que je suis toute petite.»

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