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Les mémoires de Brian Mulroney - Un règlement de comptes
Photo d'archives
Brian Mulroney en décembre 1988, lors de l'adoption de l'Accord sur le libre-échange.

LES MÉMOIRES DE BRIAN MULRONEY

Un règlement de comptes

Jean-Marice Duddin
Le Journal de Montréal
06-09-2007 | 11h50
Brian Mulroney n'y va pas de main morte quand il est question de Pierre Elliott Trudeau, qui a préféré «combattre des mouches noires à Outremont» plutôt que les nazis en Europe.

L'ancien premier ministre conservateur du Canada, avocat et administrateur respecté à travers le monde, Brian Mulroney, est très sévère à l'endroit de l'ancien premier ministre libéral dans son autobiographie, qui sera publiée simultanément en français et en anglais, lundi prochain, aux Éditions de l'Homme et par Douglas Gibson Books/Mc- Clelland Stewart, et dont Le Journal de Montréal publie des extraits en exclusivité aujourd'hui et demain.

M. Mulroney rappelle la sortie «au vitriol» de M. Trudeau contre lui et les dix autres premiers ministres lors de l'Accord du lac Meech en 1987.

«C'était une première dans l'histoire canadienne qu'un ancien premier ministre se permette une attaque personnelle hargneuse, remplie d'insultes odieuses et d'arguments spécieux».

Pleutre et eunuques

Dans cette sortie caustique, M. Trudeau avait déploré avoir tout prévu, sauf une chose: qu'un jour le gouvernement canadien pourrait tomber entre les mains d'un pleutre. Ce pleutre, c'était M. Mulroney qui, avec la complicité de dix premiers ministres de province, avait signé l'Accord du lac Meech qui, selon M. Trudeau, allait rendre l'État canadien «tout à fait impuissant» et la dynamique du pouvoir équivalente à celle des eunuques.

Capitaine Canada

Pour M. Mulroney, les implications étaient claires. «Trudeau était fort et courageux et les autres premiers ministres ne l'étaient pas.

Capitaine Canada arrivait pour sauver le pays, répondant à l'appel du devoir.»

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L'ancien premier ministre conservateur, qui considère l'Holocauste comme l'ultime profanation de l'humanité, établit alors un parallèle entre la conduite héroïque des soldats qui ont combattu les nazis et les positions de M. Trudeau à cette époque, qui a appuyé le fascisme, soutenu que l'Angleterre et l'Allemagne étaient également responsables de la Deuxième Guerre mondiale et avait exhorté les Québécois à résister à la conscription et à se préparer au nettoyage ethnique, au besoin, pour assurer la création d'un État purement français et catholique.

Clause nonobstant

M. Mulroney rappelle qu'à l'époque, la plus grande partie du monde libre, dont le Canada, reconnaissait la nature destructrice et criminelle de la machine de guerre nazie. «Mais pas Trudeau.»

«L'homme qui a fait aux provinces la concession la plus radicale de l'histoire - la clause nonobstant - reprochait aux autres d'avoir cherché d'honorables compromis. [...]»

Dans ce sens, M. Mulroney accorde à M. Trudeau de savoir de quoi il parlait quand il était question de «bons à rien», de «pleutres» et de «pleurnichards».

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