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BIOGRAPHIE
Patrick Bruel: Conversation avec Claude Askolovitch
Vanessa Guimond
08-01-2012 | 04h00
Dans une longue conversation avec le journaliste et auteur Claude Askolovitch, Patrick Bruel se raconte, parle de son enfance, de sa famille pied-noir émigrée en France alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon, de ses succès et de ses périodes plus difficiles à la fin des années 1990, et de sa passion pour son métier, la politique et le soccer.
Patrick Bruel: Conversation avec Claude Askolovitch est en fait une biographie
autorisée qui prend l'allure d'une longue conversation qui s'étire sur presque 300
pages. Pendant plusieurs mois, Bruel et Askolovitch se sont donc retrouvés pour
discuter de la vie personnelle et de la carrière du célèbre chanteur français.
Il en résulte un bouquin intéressant où l'on découvre un homme qui, à première
vue, peut paraître un peu fleur bleue, mais qui est en fait investi d'une réelle conscience politique. Un chanteur qui a déjà annulé des dates de concert dans des villes ayant voté Front National et qui, le jour de la fête d'anniversaire de son ex-femme et mère de ses deux enfants
Amanda Sthers, avait passé sa soirée à faire le tour des tables pour convaincre les invités de voter Lionel Jospin afin d'empêcher Jean-Marie Le Pen de passer au deuxième tour des élections
présidentielles. Lorsque Le Pen est finalement passé au deuxième tour, Bruel en a été profondément choqué.
On se rend compte aussi que Patrick Bruel a souffert, lors de la «Bruelmania»
du début des années 1990, de cette image de beau gosse chanteur qui faisait la une
des magazines pour ses beaux yeux plutôt que pour ses talents d'auteur-compositeur
alors qu'il a toujours composé ses propres mélodies et ce, avec une grande facilité nous apprend-il. Mais il est comme ça Patrick Bruel et il l'avoue d'ailleurs lorsque Claude Askolovitch lui
fait remarquer que dès son plus jeune âge, il a toujours eu ce besoin d'être aimé,
de sa mère institutrice qui l'a élevé seule et de sa famille d'abord, de ses
amis et de ses fans, ensuite.
ENFANCE HEUREUSE
Comme toutes les conversations que l'on a avec un ami que l'on apprend à connaître, Bruel et Askolovitch passent ainsi d'un sujet à l'autre en sautant les époques, en racontant une anecdote qui s'est passée dans l'enfance pour revenir à aujourd'hui, à ses enfants, Oscar et
Léon. L'auteur le brusque parfois, lui tirant tantôt les vers du nez sur son intimité
et le laissant tantôt partir sur une lancée politique. Il s'énerve parfois, s'insurge
contre la droite, parle de sa passion pour son métier de chanteur et d'acteur, de son amour inconditionnel pour ses enfants, de son ego aussi.
On apprend qu'il a eu une enfance heureuse en banlieue parisienne dans une famille
de gauche, qu'il aurait pu devenir un joueur professionnel de soccer si sa famille
avait accepté tous les sacrifices que cela implique et parle aussi du fait qu'il a été
blessé par les caricatures et les moqueries dont il a été l'objet plus tard, lorsqu'au faîte
de sa gloire, certains médias tournaient un peu à la dérision le phénomène Bruel.