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MICHÈLE MARINEAU
La route de Chlifa
Anne-Marie Lobbe - Collaboration spéciale
28-08-2010 | 04h19
La nouvelle vie de Karim commence officiellement le 8 janvier 1990. Le jeune Libanais a parcouru tout un chemin pour arriver ici, à Montréal, dans une classe d’une école secondaire. Pour plusieurs, son histoire a commencé ce jour-là, mais pour ceux qui portent un peu plus attention, on devine, en plongeant dans son regard, toute la tristesse et la détresse qui l’habitent.
Son histoire a en fait commencé au Liban, où, malgré les bombardements incessants,
il vivait, heureux et amoureux fou de Nada. Mais, un jour, tout a basculé: alors qu’il allait retrouver l’élue de son coeur, c’est plutôt un immeuble complètement démoli qui s’est présenté à lui.
La jeune soeur de Nada, Maha, lui apprend alors qu’elle et son frère de six mois, Jad,
sont les seuls survivants de cette tragédie. Elle lui fait également part de son projet:
quitter Beyrouth pour aller à Chlifa, de l’autre côté des montagnes, où la paix semble régner. Voulant à tout prix survivre, Karim décide de les accompagner dans ce périple qui marquera à jamais sa vie...
Un choix idéal pour la rentrée, si, comme plusieurs, tu arrives peut-être dans une nouvelle école où tu y vois de nouveaux visages. Il nous aide à nous mettre à la place de ceux qui débarquent non
seulement dans une nouvelle école, mais dans un nouveau pays.
POUR TOUS
Hyper touchant, poignant, les larmes emplissent facilement nos yeux dans les 20 dernières
pages.
La route de Chlifa contient également des passages racontés sous forme de journal intime et de lettres, il est donc fort intéressant de vivre ainsi les émotions de différents personnages.
C’est également une très bonne idée d’avoir mis des cartes au début du livre, pour montrer
la route que Karim et Maha ont empruntée. La route de Chlifa se lit super bien, même d’une traite par une journée pluvieuse (pourquoi pas!) et plaira autant aux gars qu’aux filles.
Un récit tellement imagé que, par moments, on peut pratiquemententendre les bombardements,
mais surtout et étonnamment, les rires de Karim et Maha et même voir les étoiles briller dans les yeux de celle-ci. Comme si Karim et Maha nous avaient amené jusqu’à Chlifa, qu’on avait parcouru ce chemin avec eux, les pieds fatigués, le souffle court, mais une lueur d’espoir dans le regard...