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ANNA GAVALDA
L'Échappée belle
Véronique Beaudet - Collaboration spéciale
21-11-2009 | 04h00
Anna Gavalda nous avait laissés l’année dernière avec La Consolante, un roman charmant, qui souffrait cependant de quelques longueurs. On lui avait préféré Je l’aimais, paru en 2002.
Cette fois-ci, l’auteure nous revient avec un bref roman. L’Échappée belle est un petit objet sympathique, mignon et coloré, dans la forme comme dans le fond. La Consolante avait 600 pages. L’Échappée belle en compte 165.
On pourrait croire qu’après une telle brique, Anna Gavalda a donc préféré faire court. Mais c’est tout faux. La romancière a écrit L’Échappée belle bien avant, en 2001. Le roman est en effet paru une première fois il y a huit ans chez France Loisirs, mais hors commerce. L’Échappée belle était donc introuvable pour le commun des lecteurs jusqu’à aujourd’hui.
Mais pour la version 2009, Anna Gavalda a pris soin de retravailler, de remanier et de retoucher son texte. L’Échappée belle d’Anna Gavalda, c’est l’histoire d’une parenthèse. Un «time out»
que s’offrent sur un coup de tête deux soeurs et deux frères. Une journée où cette fratrie bien soudée décide de mettre la réalité de côté pour penser à elle.
D’abord, il y a Garance, la narratrice. La typique Parisienne, la trentaine, célibataire et sans enfant, qui aime sortir, se coucher à pas d’heure et faire la fête. Il y a ensuite sa soeur aînée Lola, la «fille modèle», mais pas chiante, deux enfants et divorcée depuis peu. Simon, lui, c’est le fils et le frère chéri. Celui qui ne s’énerve jamais, qui ne juge et ne dit jamais de mal de personne. Son seul défaut serait, selon ses adorables soeurs, sa femme Carine. Une pharmacienne qui voit des microbes partout, un peu sévère et trop sérieuse.
Enfin, il y a le petit dernier, Vincent. Un musicien, sociable, mais timide avec les femmes, qui travaille comme guide dans un château au beau milieu de la campagne française.
POUDRE D’ESCAMPETTE
Alors qu’ils se rendent au mariage d’une cousine, Simon, Garance et Lola décident tout bonnement de prendre la poudre d’escampette avant même la fin de la cérémonie à l’église pour aller rejoindre Vincent dans son château.
Une brève fugue entre frères et soeurs à la campagne pour oublier le temps d’une journée leurs soucis d’adultes. Un moment volé à la vie pour retrouver leur petit univers d’enfance, bavarder, se chamailler, rigoler, boire du vin et pique-niquer.
«On va mettre ça sur le compte de la fatigue, mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d’enfance», songe Garance.
L’Échappée belle fait partie de ces petits romans qui éclaircissent un après-midi gris de novembre. Anna Gavalda y laisse s’échapper des effluves estivaux, une douceur campagnarde et un bien-être de farniente. La nostalgie est palpable et la bonne humeur bien présente, sans que la
réalité ne soit occultée.
On reproche cependant à l’auteure un vocabulaire et des expressions un peu trop parisianistes…