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Éric Gauthier - Une fêlure au flanc du monde
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ÉRIC GAUTHIER

Une fêlure au flanc du monde

Par Jean-Philippe Bergeron
09-03-2009 | 09h42
Gauthier s’est d’abord fait connaître comme conteur et a publié dans diverses revues se consacrant à la nouvelle et à la littérature fantastique. Ici, dans Une fêlure au flanc du monde, nous assistons à la fuite obligée de Malick, magicien sympa, de Montréal à Saint-Nicaise, une petite ville de l’Abitibi. Malick doit en effet se pousser de la métropole pour échapper aux griffes de l’obscur Scipion. L’aventure le ramène donc vers le lieu ou il a grandi, et des figures du passé ressurgiront, comme la belle Rachel, son amour d’adolescence.

Un groupe de cinéastes un peu bohèmes gravitera aussi autour de Malick, véritable satellite voyant... En parallèle, Gauthier trace aussi le portrait et dessine le trajet de Hubert, un personnage en quête de sa vérité, père divorcé à la dérive cherchant un improbable sens à sa vie. Les routes de Malick et de Hubert se recouperont pour le meilleur et pour le pire: les Insoumis, sorte de secte affectant de changer la vie grâce au «tri par le vide», attirant dans leurs filets quelques âmes égarées... Malick ayant déjà croisé sans succès le fer avec ce groupe (qui rappelle l’Ordre du Temple Solaire et quelques autres trucs de la même eau) tentera à nouveau d’aborder un monde qui s’échappe et menace de se fissurer tout à fait.

Ce récit touffu joue sur les ambiguïtés relatives à toutes les métaphysiques «catastrophistes» et sur la bonne vieille opposition entre magie blanche et noire. Le roman, qui tient sur plus de 500 pages, aurait mérité d’être quelque peu resserré, plusieurs redites finissant par agacer. L’ensemble de l’ouvrage est souvent très didactique: dommage pour une œuvre qui cherche à plonger creux dans les univers mystérieux qui se logeraient dans les failles du «monde réel». Si le style de Gauthier est sans éclat et que le récit récupère les clichés d’un genre qui peine à se renouveler, notons tout de même la volonté de l’auteur de faire d’Une fêlure au flanc du monde une construction complexe, en écho à ce continent surnaturel parcouru de part en part par les divers personnages.

Le parti pris pour un fantastique sans surprise, aplani on ne sait trop pourquoi par un réalisme lourd, plaira assurément aux lecteurs plus confortables dans l’insolite que dans cette souveraine et inquiétante étrangeté qui fait le génie des maîtres de la science-fiction. Ici, tout est trop bien ordonné, sans cette folie essentielle à l’approche de l’occulte. Au final le roman, même par sa critique d’un new age foireux et des dérives sectaires, fait le jeu d’un irrationalisme qui, bien qu’extrêmement documenté, n’en demeure pas moins abrutissant. Il faudrait un jour élaborer davantage sur les errements d’une science-fiction qui, loin d’épouser la figure fantomatique de notre monde, se complaît à répéter les mêmes motifs d’une peur qui ne fait plus peur.

Auteur : Éric Gauthier
Titre : Une fêlure au flanc du monde
Éditeur : Alire
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