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Mandalian - Un chien de ma chienne
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MANDALIAN

Un chien de ma chienne

Par Jean-Philippe Bergeron
30-01-2009 | 04h00
Un chien de ma chienne de Mandalian se veut beaucoup plus dur, plus sombre, que Métarevers de Serge Lamothe. Dans une langue hachée menue, le récit évoque une passion obscure et torride ramassée dans les quelques heures d’un tourbillon, quand le destin bascule. Lors d’un party dans une usine désaffectée de Montréal, François fait la rencontre de celle qui l’entraînera au bout du monde dans un aller-retour sans issue.

Mandalian a un véritable talent pour rendre en quelques lignes tout le vif et le poids des atmosphères qui cernent ses personnages comme autant de halos. «Deux ou trois livres d’herbe fraîchement trimée. (...) Ils étaient tous restés enfermés quatorze jours dans la maison principale de l’autre côté de la forêt. Sans sortir une seule fois. (...) Avaient tous failli devenir fous à force de promiscuité.»

Bien sûr, fatalement, tout ça tournera mal. François et Francesca concluent ensemble un pacte qui laissera François affronter (presque) seul les affres de la fuite, avec ce mélange d’épuisement et de cocaïne pour parfaire le tout. La taverne du Cheval Blanc verra notre personnage descendre les pintes, nerveux dans l’oasis. Jacques refera surface, l’ami trahi et laissé pour mort, ainsi que Goyette et la sympathique Caro. Tout ce beau monde tentera de trouver un terrain d’entente au milieu des poutines, des hot-dogs et des fêtards. Ici, comme tout au long du roman, les personnages (particulièrement François) sont sur le fil. C’est ce haut degré de tension que Mandalian parvient à maintenir admirablement qui représente la qualité majeure d’Un chien de ma chienne.

«J’ai en poche environ trois mille dollars en billets verts, un ami possiblement mort et potentiellement beaucoup d’ennuis en perspective. (...) La fatigue commence à me gruger l’esprit. Pas le corps. Mon corps est étonnamment en forme. Fonctionne tout seul.» Haletant, donc. Cette histoire d’un homme happé par une femme fatale n’est pas sans rappeler le climat de quelques bons vieux romans noirs américains, qu’on pense à Charles Williams ou à David Goodis (La blonde au coin de la rue, La pêche aux avaros). Toujours cette descente aux enfers dans laquelle le destin d’un homme se scellera, ici pour Francesca: «Ses jambes nues, sa robe jaune, son corps athlétique et sa chatte sauvageonne ».

Et c’est «sans réfléchir» qu’on suit l’apparition qui nous perdra. Mandalian nous invite à cette poursuite effrénée de l’amour qui traverse toutes les violences jusqu’à s’y dissoudre.

Auteur : Mandalian
Titre : Un chien de ma chienne
Éditeur : Coups de tête
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