GEORGE PELECANOSLes jardins de la mortPar Nora Merola 30-05-2008 | 08h30
Retour au présent, vingt ans plus tard. Le sergent T. C. Cook, inspecteur des Homicides a pris sa retraite et n’a jamais réussi à élucider la fameuse enquête. Ramone, l’un des deux jeunes flics est devenu inspecteur et cherche à protéger sa famille d’une violence trop présente et Holiday, qui a démissionné de la police, tente de redorer son image auprès de ses anciens collègues. Les trois policiers se retrouvent et enquêtent – chacun de leur côté d’abord – sur un meurtre qui semble ressurgir du passé. Un seul agira dans la légalité, l’inspecteur Ramone, puisqu’il est toujours aux Homicides. Alors que les deux autres semblent chercher dans le passé une bouée pour sortir la tête hors de leur vie bousillée. Après des romans tels que Soul Circus ou Drama City, George Pelecanos nous entraîne, encore une fois, dans les quartiers défavorisés de Washington où les gangs, le trafic et la violence est omniprésente. Les jardins de la mort tiennent plus du roman noir que du roman policier, puisque ce n’est pas tant l’enquête en cours qui importe ici que l’atmosphère. Projeté dans un monde hétéroclite voire multiethnique, l’auteur nous incite à côtoyer la zone urbaine et dangereuse de Washington. La critique de la société, très présente, est dure mais juste. L’auteur réussi brillamment à nous faire glisser, de façon réaliste, dans l’univers des gangs de rue et des petits dealers qui cherchent à jouer les gros durs. En parallèle à l’enquête policière vient s’immiscer une histoire de trafic de drogue, de vol organisé, d’adolescent incompris aux prises avec des sentiments contradictoires…. Un portrait virulent et désolant de la banlieue pauvre de Washington et de l’ensemble du corps policier. Sans nécessairement fournir de nouveaux éléments à la littérature policière, Les jardins de la mort est un bon roman qui rempli ses promesses: détourner l’esprit des préoccupations quotidiennes en offrant quelques frissons d’inquiétude sur notre confort… et probablement notre indifférence.
Titre : Les jardins de la mort Éditeur : Seuil COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
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