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CHOIX DU ICI

Québec, un détroit dans le fleuve

Par Maxime Catellier
17-04-2008 | 15h46
Alors que le Festival de la BD francophone de Québec bat son plein, de concert avec le Salon International du Livre de Québec, regard sur ce neuvième art dans lequel les Québécois s’illustrent de plus en plus.

Et ça ne date pas d’hier, comme vous pourrez le constater en lisant les deux passionnants articles de mes collègues Denis Lord et Lyne Crevier, qui vous offrent ci-dessous et ci-contre deux comptes rendus du travail d’historienne de Mira Falardeau, qui a préparé respectivement un ouvrage sur l’histoire de la bande dessinée québécoise, et une exposition présentée ces jours-ci à la Grande Bibliothèque.

Non, nous n’avons pas à rougir de notre 9e art, loin s’en faut et peu nous en chaut! Tandis que les années 80 et 90 furent marquées par un underground vivace et fortement iconoclaste, avec les Henriette Valium, Julie Doucet, Simon Bossé, Richard Suicide, Grégoire Bouchard, Siris, Luc Giard qui sévissent dans des fanzines aussi divers que Tchiize!, Iceberg, Dirty Plotte, alouette, nous voyons ces jours-ci apparaître de plus en plus de collaborations avec les Français et les Belges, dans des maisons très officielles. C’est le cas de VoRo, qui a créé sa trilogie Tard dans la nuit (Vents d’ouest) en compagnie du scénariste Djian. Ce natif du Bic, dans le Bas-Saint-Laurent, a ouvert la porte à une fascination certaine des Européens pour les récits dont le décor est planté dans un Québec d’antan, certes imaginaire, mais tout de même inspiré par l’esprit de clocher, la consanguinité et les colorés idiots de village.

D’autres sont restés fidèles aux éditeurs d’ici. C’est le cas de Jimmy Beaulieu, qui dirige la collection Mécanique générale aux éditions des 400 coups. Cette collection magnifique, audacieuse et très variée est sans doute le plus beau fleuron de la BD d’ici. Mentionnons quelques ouvrages, dont la plupart ont été revus dans nos pages, qui risquent d’intéresser les amateurs de tout poil: le magnifique Pont du havre, de Luc Giard, une errance inquiétante dans le monde de cet artiste complexe et inattendu; Hiatus, de Benoît Joly, une brique de 300 pages que les plus éclairés des critiques ont qualifiée carrément de «nouvelle bande dessinée»; enfin, Dans mes rellignes, d’Iris, une virée illustrée de son quotidien que l’on pouvait suivre sur son blog (monsieurleblog.canalblog.com). Cette même Iris vient d’ailleurs tout juste de publier à compte d’auteur un chouette fanzine d’histoires de bar intitulé Tear in my beer, que vous pouvez vous procurer au Baz’art des Anges Vagabonds, se déroulant tous les dimanches d’avril au Cheval Blanc, ou encore pendant le Festival de la BD francophone de Québec, où elle lancera un fanzine de recettes en collaboration avec Stupid Bird.


MAGASIN GÉNÉRAL
Le cas de Magasin général (Casterman) est tout autre. En effet, ce sont deux Français, Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, installés au Québec depuis longtemps, qui ont décidé de brosser cette trilogie familiale ayant pour cadre un village québécois, dans le temps «béni» des magasins généraux. Il y a la veuve Marie, Serge l’étrange, et toute une panoplie de personnages plus vrais que nature, sans oublier, bien sûr, monsieur le curé! Grâce à Jimmy Beaulieu, qui a adapté les dialogues en québécois, le résultat est très convaincant, et malgré des intrigues au développement quelquefois fastidieux, on peut considérer cette fresque comme une grande réussite.

À l’occasion du 400e anniversaire de Québec, Casterman publie ces jours-ci Québec, Un détroit dans le fleuve, un collectif qui retrace l’histoire de la capitale. Parmi les collaborateurs, on peut compter sur Jimmy Beaulieu, Pascal Girard, Philippe Girard et Jean-Louis Tripp. La première histoire nous fait remonter à Champlain, dont les intrigues avec le roi de France et les promesses aux Amérindiens n’ont rien de bien catholique. Ensuite vient celle du Boulon d’or, qui plante son décor sur le tablier du pont de Québec, avant son effondrement en 1907.

Puis, on fait un saut dans les années 50, dans un séminaire tenu par des frères autoritaires et abusifs, et la découverte par un élève d’une boîte de nuit de la rue Saint-Jean où danse Joséphine Baker. Seule la dernière histoire, Les cousins, distille un peu d’ennui dans ce très bel album. Et pour terminer, je m’en voudrais de ne pas glisser un mot sur Vers les mondes lointains, que Grégoire Bouchard vient de publier aux éditions Paquet. Vous y découvrirez le monde étrange et réaliste de Bob Leclerc, un ancien pilote de chasse qui terrorisa les populations asiatiques durant la Seconde Guerre mondiale. Le tableau que Bouchard brosse du Montréal des années 50 est terrifiant et lucide. Et la finale, énigmatique, laisse présager une suite, tout en bouclant la boucle. Chapeau!

Auteur : Collectif
Titre : Québec, un détroit dans le fleuve
Éditeur : Casterman
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