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École nationale de cirque  - Désir(s) de vertige
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ÉCOLE NATIONALE DE CIRQUE

Désir(s) de vertige

Par Maxime Catellier
17-05-2007 | 08h58
Coin Jarry et D’Iberville. Au nord du Métropolitain, sur l’ancien site de la carrière Miron, qui fut pendant un demi-siècle une gigantesque décharge d’ordures ménagères, une cité nouvelle resplendit dans la lumière du couchant.

La TOHU, ce complexe magnifique épousant à la fois son environnement physique, social et culturel; le siège social du Cirque du Soleil, immense ruche où s’affairent on ne sait combien d’abeilles; enfin, l’École nationale de cirque (ÉNC), déménagée en 2003 de l’ancienne gare Dalhousie, dans le Vieux Port, magnifique édifice dont la vocation ne changera heureusement pas, depuis que le cirque Éloize a repris le flambeau.

Le cirque, au Québec, n’a jamais bénéficié de racines profondes comme celles que l’on retrouve dans les cirques familiaux d’Amérique du Sud ou d’Europe et d’Asie. Pourtant, née d’un bouillonnement intense de talents et de démesure, l’ÉNC s’est taillée une place unique dans le paysage circassien mondial. C’est ce que le livre de Pascal Jacob et Michel Vézina, Désir(s) de vertige, nous fait découvrir.

Naître et renaître
En posant un regard circulaire, car c’est bien la seule manière d’envisager le cirque, sur le terreau fertile dans lequel cet art a pris racine chez nous, notamment dans l’éclosion des théâtres expérimentaux et d’improvisation comme la Roulotte ou le Grand Cirque Ordinaire. Aussi au sein de l’imaginaire déployé par les artistes de la Boîte à Surprise, Jacob et Vézina livrent un vibrant hommage à une aventure qui, loin d’être terminée, n’en a pas moins parcouru un quart de siècle qui a transformé de fond en comble le Québec.

L’histoire véritable de l’École en tant que lieu de formation débute au Centre Immaculée-Conception, qui est dirigé à l’époque par le visionnaire père Marcel de la Sablonnière.

Circus, c’est le nom du projet qui accueille à la fois les formés et les formateurs, les uns et les autres s’échangeant les rôles au rythme intrépide des tournées et de la discipline plus décisive des hivers passés à s’entraîner dans la petite salle haute de sept mètres de la rue Papineau. S’y rencontrent des gens qui feront l’âme de l’École, les Pierrette Venne, Rénald Laurin, Luc Tremblay, et bien sûr Guy Caron, Pierre Leclerc et André Simard.

Samuel Tétreault, un des membres fondateurs du collectif Les 7 doigts de la main, raconte avec fébrilité ces années passées au cœur d’un maelström où les gens se nourrissaient l’un l’autre d’une expérience toujours renouvelée: «Ce fut une révélation dans ma vie. Avant d’aller au centre Immaculée-Conception, jamais j’aurais imaginé faire du cirque. Dans ma tête d’enfant, le cirque, c’est quelque chose dans lequel tu naissais.»

Et il n’avait pas tort. La défunte télésérie Carnivale, sur HBO, illustrait, en grossissant le trait bien sûr, à quel point historiquement le cirque constituait une drôle de famille dans laquelle on n’entrait pas comme au bal, et dont on sortait les pieds devant. La vision des fondateurs de l’ÉNC était bien différente. Un cirque théâtralisé, moins esthétisant, s’affirmait ici.

Bref, un art à part entière mêlant chorégraphie, acrobatie, danse, mime, théâtre et gymnastique. Les Grecs, dans leur gymnase, n’auraient pas été capables de rêver mieux.

Pour la suite du monde
Lors du lancement du livre, nous avons pu assister à des numéros magnifiques annonçant la programmation estivale de la TOHU, dont un extrait du spectacle Traces, des 7 doigts de la main, le très sensuel duo de carré aérien d’Annie-Kim Déry et de Mariève Hémond, deux anciennes finissantes de l’ÉNC, et le numéro époustouflant de danse, d’équilibre et d’acrobatie d’Évelyne Laforest, finissante de cette année, intitulé «Debout dans le tiroir». C’était un bel avant-goût du spectacle annuel de l’École qui arrive à grands pas.

Auteur : Pascal Jacob et Michel Vézina
Titre : Désir(s) de vertige
Éditeur : Les 400 coups
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