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Nomades en pays maori - Jean Désy
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Nomades en pays maori - Jean Désy

Par J. Sébastien Chicoine — Canoë
06-10-2003 | 15h06
Nomades en pays maori — Propos sur la relation père-fille — Récit de voyage

Jean Désy

XYZ Éditeur, collection Étoiles variables

Ce livre de Jean Désy — médecin et auteur polyvalent qui a publié essais, recueils de poésie, romans et récits de voyage — tombe dans cette dernière catégorie. Dans le but de se rapprocher de sa fille de 16 ans qu'il a moins connue à cause d'une séparation, l'auteur décide de partir en voyage en Nouvelle-Zélande, seul avec elle.

La Nouvelle-Zélande, pays qui nous paraît si étrange, ne serait-ce que par son éloignement. L'idée même d'un récit de voyage; tous ceux qui aiment les roads movies savent de quoi je parle. L'exploration des liens père-fille, un sujet trop peu abordé... Voilà des prémisses qui sont des plus prometteuses.

Malheureusement, malgré une très belle prose, Jean Désy déçoit, ici.

De la Nouvelle-Zélande, il nous parle beaucoup, mais en même temps, on n'a pas vraiment l'impression qu'il nous en parle parce qu'il a la fâcheuse habitude de revenir constamment sur les similarités qu'il voit entre ce pays de Kiwis et le Moyen et Grand Nord du Québec, de même qu'entre les maoris et nos Amérindiens du Québec.

Il nous décrit la faune et la flore, mais on dirait plutôt qu'il tente de nous faire part de son érudition en nommant certaines espèces par leur nom latin. Pas qu'il y ait quoi que ce soit de mal dans cette démarche, mais ça n'en demeure pas moins un peu lassant, d'autant qu'il ne le fait que sporadiquement et seulement pour les oiseaux.

Des relations père-fille, on se demande quasiment pourquoi il en a fait le sous-titre de son ouvrage. Les mentions ponctuelles de sa fille semblent quasiment détachées, sauf pour quelques banalités du genre: «le rôle des parents est de devenir inutiles». Mais non seulement il ne traite pas vraiment, dans son dialogue intérieur, des relations père-fille, mais il ne nous parle que peu (on pourrait dire pas) des interactions avec sa fille au cours de ce voyage.

Bref, malgré un style d'écriture agréable à lire, Nomades en pays maori déçoit énormément les attentes qu'il provoque.

Désy semble n'être qu'un observateur de sa propre vie et de son voyage; son détachement de ce qui l'entoure au cours de ce voyage frise le nombrilisme baby-boomien.

C'est quand il est seul (ou avec son amoureuse) qu'il semble le plus heureux, ce qui nous laisse perplexes sur les véritables motivations de son voyage aux antipodes.

Sur la jaquette de son ouvrage, on peut lire «Partir, pour un nomade, ce n'est jamais fuir. C'est plutôt rester en quête». Soit, mais Nomades en pays maori nous donne plutôt l'impression que Désy aimerait mieux être ailleurs...

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