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Chronique Bande dessinée

Nicolas Fréret
Canoë

10 BD québécoises à lire cet été

10 BD québécoises à lire cet été

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Nicolas Fréret

Au début de l'été, je vous ai recommandé la lecture de 20 BD, jugées «indispensables» par l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée. Aucun album québécois ne figurait dans cette liste. Non pas qu'ils ne sont pas de bonne qualité, mais parce que la majorité des membres de l'ACBD sont des journalistes européens qui ont peu l'occasion de lire de la BDQ. Qu'à cela ne tienne, si vous cherchez de la lecture locale, régalez-vous:

Broadway, une rue en Amérique (tome 2), de Djief (Soleil, collection Quadrants)

J'avais été séduit par le premier tome de la bande dessinée de Djief, et en particulier par sa candide héroïne, la danseuse de cabaret Fanny King, que l'on avait quittée penaude après l'écroulement du podium où elle se produisait avec maladresse. Les deux propriétaires, au bord de la faillite, n'ont pas vraiment d'autre choix que de fermer, à la grande joie de la concurrence alentour sur Broadway. Mais il leur reste une carte à jouer: oser la nouveauté. Et la sublime et enthousiaste Fanny va embarquer dans le projet avec excitation.

La lecture de cette BD romantique est très agréable, le suspense, léger, est noué à un scénario simple - ne pas lire simpliste -, mis en exergue par un dessin délicat, tout en rondeur, et des couleurs chaudes et harmonieuses.

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La Demoiselle en blanc, de Dominick Parenteau-Lebeuf et Éléonore Goldberg (Mécanique générale)

C'est l'histoire d'un négatif abandonné depuis 1933 dans une chambre noire à Berlin, de la photo jamais développée d'une «demoiselle en blanc», mais peu vêtue, prise dans les dunes au bord de la mer.

Une œuvre douce et brutale, lumineuse et charbonneuse, et d'une grande sensibilité.

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Dérangés, de Violaine Leroy (La Pastèque)

Dérangés met en scène trois personnages: un gardien de musée taciturne et adepte de broderie, une jeune femme qui a la fâcheuse tendance à ne plus se souvenir de ce qu'elle a fait la veille, et un homme à la retraite qui rencontre l'art sur le tard. Ils n'ont a priori rien à voir les uns avec les autres, à part peut-être cette impression qu'ils errent à la frontière ambiguë de la folie, abandonnés à leur différence et leur solitude.

Au cœur du récit, l'art et la folie, leurs perceptions et interprétations, entre le chamboulement et l'incompréhension qu'ils suscitent.

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La femme aux cartes postales, de Jean-Paul Eid et Claude Paiement (La Pastèque)

La femme aux cartes postales nous transporte à la fois sur la Main, à Montréal, à la fin des années 50, lorsque le jazz y était roi, et à Sainte-Émilie-de-Caplan au début des années 2000. C'est ce village de Gaspésie que Rose a fui à la fin de son adolescence pour aller faire entendre sa voix dans la métropole et tenter d'y faire carrière. Elle y a retrouvé son ami d'enfance, Roméo, excellent pianiste gaucher rebaptisé Lefty King, et y a fait la connaissance du talentueux trompettiste Art McPhee. Ensemble, ils deviendront incontournables dans les cabarets de Montréal, jusqu'à l'émergence de Robert Charlebois et l'explosion du rock'n'roll. Plutôt que de se raconter dans un carnet intime, Rose s'achète des cartes postales, sur lesquelles elle résume sa vie et ses émotions avec fraîcheur et candeur.

Jean-Paul Eid, qui a lâché son personnage Jérôme Bigras pour travailler sur ce projet, signe un retour en beauté. La femme aux cartes postales est un roman graphique riche, passionnant, surprenant, émouvant et grand public. Une BD que l'on relira toujours avec plaisir.

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Les Nombrils, tome 7: Un bonheur presque parfait, de Delaf & Dubuc (Dupuis)

Dans Un bonheur presque parfait, les trois héroïnes, aussi attachantes qu'insupportables, sont aux portes du monde adulte, prêtes à renoncer à leur adolescence, mais pas à leur nombrilisme et à leur immaturité pathologique.

Les gags véhiculent un humour de qualité, les punchs sont efficaces et jamais convenus, tandis que les multiples thématiques abordées - quête de soi, culte de l'apparence, hypersexualisation, homosexualité, dépression, alcoolisme, toxicomanie, crises du couple, etc. - s'imprègnent du monde tel qu'il est, de l'évolution de ses moeurs et de ses ados.

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