Accueil Divertissement
 
JDM
Le monde des DVD - SOS fantômes

LE MONDE DES DVD

SOS fantômes

par Mediafilm
02-01-2010 | 04h00
Avec Activité paranormale, sorti en DVD cette semaine, l’Américain Oren Peli a accompli le même miracle commercial que Le Projet Blair.

Sans budget, avec une caméra nerveuse traquant des manifestations surnaturelles qui se produisent hors champ, le cinéaste a forgé un climat, créé un suspense, en détournant les codes d’un sous-genre indémodable: le film de maisons hantées. Voici quelques exemples propices, qui sait, à un éventuel programme double.

À partir des années 1960, The Innocents (1961), de Jack Clayton, s’inspire du classique de Henry James Le Tour d’écrou et narre les mésaventures de la nouvelle gouvernante de deux enfants qui en vient à croire que ceux-ci vivent sous la coupe des esprits malveillants de deux anciens serviteurs.

Paru deux ans plus tard, La Maison du diable de Robert Wise, d’après le bestseller de Shirley Jackson, s’intéresse à un groupe témoin venu passer un séjour dans un manoir réputé hanté.

Bien qu’il s’agisse d’une histoire de possession démoniaque, la trame de L’Exorciste (1973) de William Friedkin met initialement en avant le motif de la maison hantée et triomphe auprès de la critique et du public.

La même année, La Maison des damnés de John Hough, d’après le roman culte de Richard Matheson, aborde le thème de manière classique et connaît lui aussi un beau succès.

À la fin de la décennie et le début de la suivante, on observe un regain d’intérêt pour le sujet. L’adaptation du best-seller «factuel» Amityville - La maison du diable, relatant les expériences bizarres de la famille Lutz, cartonne au box-office en 1979, sous la direction de Stuart Rosenberg.

L’année suivante, le plus modeste L'Enfant du diable séduit public et critique. La réputation de ce petit film canadien très bien réalisé par Peter Medak continue de croître encore aujourd’hui.

Cela étant, 1980 est l’année de Shining, l’adaptation par Stanley Kubrick du bestseller de Stephen King. Lors de sa sortie, ce long métrage onirique et macabre n’a pas fait l’unanimité, mais l’Histoire s’est prononcée et il trône à présent parmi les oeuvres les plus terrifiantes du genre.

Sensationnaliste, L'Emprise de Sidney J. Furie vaut surtout pour la performance crédible de Barbara Hershey, dont le personnage est agressé à répétition par une entité vicieuse. La trame de Activité paranormale emprunte d’ailleurs un peu à ce fait divers contesté.

Ces dernières années, Les Autres d’Alejandro Amenabar a remis au goût du jour la sensibilité d’Henry James et le sens de l’horreur suggérée.

Si Hollywood est tombé récemment dans la marmite du fantastique à la japonaise – comme en font foi les remakes à la chaîne tels Le Cercle et Rage meurtrière – le succès mondial de films plus subtils, qui misent davantage sur l’atmosphère et les personnages, comme L’Échine du diable de Guillermo Del Toro, prouve que le public est toujours partant pour se faire raconter une bonne histoire de fantômes à l’ancienne.

Nouveauté de la semaine: Activité paranormale

Micah et Katie ont récemment emménagé ensemble. Depuis peu toutefois, leur bonheur est terni par d’étranges phénomènes nocturnes: bruits de pas dans la maison, grattements, etc.

Or, il s’avère que Katie est, depuis l’enfance, périodiquement confrontée à ce type de «présence». Faisant ni une ni deux, Micah se dote d’un équipement d’enregistrement sophistiqué visant à capter dans la maison toute manifestation tangible de l'entité. Laquelle, à l'évidence, n'en a que pour la jeune femme qui, bientôt, demande l’aide d'un médium.

CE QU’ON EN PENSE

Ce premier long métrage d'Oren Peli mise habilement sur la fascination du public pour les phénomènes inexpliqués. Ainsi, en ayant recours à une intrigue dont l'idée maîtresse rappelle celle de L’Emprise, qui se prétendait basé sur des faits réels, le cinéaste et son équipe ont mis au point une vraie fiction adoptant la forme d'un faux documentaire, concept à la mode s'il en est. Or l'exercice se révèle ingénieux et convaincant, quoique limité au rayon de la nouveauté.

Le choix de resserrer le niveau de tension à mesure que se désagrège la relation amoureuse fonctionne très bien. Cela étant, le récit s'étire indûment et certains comportements des protagonistes apparaissent peu plausibles. Heureusement, les deux interprètes principaux sont solides.

haut