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Le Monde des DVD - Les superhéros dans tous leurs états
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LE MONDE DES DVD

Les superhéros dans tous leurs états

par Mediafilm
25-07-2009 | 04h00
Paru cette semaine en DVD, notamment dans une version plus longue (186 minutes au lieu des 161 au cinéma), Watchmen, de Zack Snyder, gagne à être vu.

Malgré des critiques enthousiastes, le film a connu un passage en salle difficile. Pourtant, le public friand de superhéros signalait depuis longtemps qu’il était tout disposé à suivre leurs superhéros dans des avenues moins joyeuses.

Si on s’explique mal l’échec public relatif de Watchmen (107 millions en Amérique du Nord), sa parution en DVD donne l’occasion d’explorer la nouvelle tendance dans le film de superhéros. Petite rétrospective du côté obscur de la force...

Tim Burton agit un peu en précurseur. Dans Batman Returns, en 1992, Bruce Wayne et Catwoman vivent tous deux une grave crise identitaire.

TOP 3
Superhéros malgré eux

1. X-Men, de Bryan Singer

2. Iron Man, de Jon Favreau

3. Hulk, d’Ang Lee

Plus sombre que son prédécesseur, le second volet des aventures de l’homme chauvesouris (le Batman de Burton était sorti deux ans plus tôt) cartonne au box-office en dépit d’une approche expressionniste sans concession et d’un humour noir corrosif.

Une tendance se dessine, mais, comme les grands studios évoluent moins rapidement que le public, il faut attendre quelques années avant qu’un pari du même genre ne soit tenté. Encore une fois, c’est une suite qui sert de banc d’essai.

Après le gros succès en 2002 de Spider-Man, Sam Raimi jouit de plus de latitude pour le second opus, lequel présente un Peter Parker tourmenté et démissionnaire. Recettes astronomiques.

L’année suivante, en 2005, deux autres films viennent affirmer ce parti pris de la noirceur psychologique. Adapté d’un «graphic novel » par les frères Wachowski (The Matrix) et réalisé par James McTeigue, V for Vendetta est un drame d’anticipation dans la lignée de 1984, dans lequel un héros masqué est décidé à faire tomber un gouvernement totalitaire.

Sorti deux semaines plus tard, Sin City, de Robert Rodriguez se vautre lui aussi dans un univers où les bons recèlent une large part d’ombre. Ces deux titres ont rapporté un box office honorable, mais pas historique; c’est en DVD que leur culte s’est construit.

VISION PESSIMISTE

L’arrivée du cinéaste anglais Christopher Nolan dans le paysage hollywoodien a largement contribué à asseoir la tendance du superhéros torturé. Avant de reformater la franchise Batman avec Batman Begins, le réalisateur de Memento avait déjà imposé, à travers Memento et Insomnia, une vision particulièrement pessimiste de l’humanité. Son Bruce Wayne semble carrément atteint de dédoublement de la personnalité.

Dans The Dark Knight, sa voix change selon qu’il porte ou non son masque. Et en la personne du Joker (campé par le regretté Heath Ledger), il affronte un ennemi encore plus névrosé que lui. On aurait pu craindre que les spectateurs suffoquent. Ils en redemandent. Le film, conséquemment, bat de records d’entrées.

Nouveauté de la semaine

Les Gardiens (Watchmen)

L’assassinat du Comedian provoque une onde de choc au sein de l’ancienne confrérie de superhéros des Gardiens, à laquelle il appartenait. Tellement que son ex-acolyte Rorscharch, justicier masqué, ouvre sa propre enquête, qui le conduit sur la piste d’une société, Pyramide, faisant peser sur le monde en pleine Guerre froide une menace nucléaire imminente.

Parallèlement, les pressions se font de plus en plus grandes pour forcer les autres Gardiens, dont le Dr. Manhattan, un surhomme irradié, sa partenaire Silk Spectre et leur compagnon Nite Owl II, à reprendre le combat.

CE QU’ON EN PENSE

Cette adaptation très attendue du roman graphique d’Alan Moore et Dave Gibbons s’avère riche et énergique, malgré une intrigue un peu confuse, aux enjeux intermittents, qui conjugue avec une ironie bien d’aujourd’hui des angoisses et des peurs d’hier, liées tout particulièrement à la Guerre froide et au péril nucléaire.

En revanche, la réalisation de Zack Snyder (300) multiplie les idées visuelles fortes, jouant sur les transparences, les reflets, les ombres et les coloris audacieux, pour forger un environnement d’une grande cohérence, au carrefour du passé et du futur, du fantastique rétro et de la science-fiction haut de gamme.

La production est en outre mise en valeur par une distribution de bon calibre, au sein de laquelle se distingue Jackie Earle Haley en superhéros masqué.

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