LE MONDE DES DVDLe dernier rôle de Joaquin Phoenix?par Mediafilm 18-07-2009 | 04h00
Peu de temps avant, l’acteur venait d’annoncer, de manière plutôt confuse, qu’il quittait définitivement le milieu du cinéma pour se consacrer à la musique. Deux Amants, de James Gray, serait alors son chant du cygne. Ce n’est pas la première fois que Joaquin Phoenix prend ses distances avec le métier, lui dont la carrière a débuté dès l’enfance, dans de multiples publicités et plus tard à la télévision aux côtés de son frère, River Phoenix.
Cette feuille de route, impressionnante considérant son jeune âge, ne l’a guère protégé des doutes, et des tragédies. La mort de son frère River, le 31 octobre 1993, allait le pousser à une retraite précoce, une première parenthèse de quelques années. Alors que River a connu un des plus grands sommets de sa courte carrière grâce au cinéaste Gus Van Sant avec Mon Idaho, c’est aux côtés du même réalisateur que Joaquin va renaître une première fois de ses cendres. Dans ce qui figure encore à ce jour comme l’une des meilleures performances de Nicole Kidman, en présentatrice météo férocement ambitieuse, on retrouve un Joaquin Phoenix plus mature dans Prête à tout.
PÉRIODE FASTECette comédie grinçante marque le début d’une période faste pour l’acteur, qui tourne de manière constante, établissant des collaborations soutenues avec des réalisateurs qui rechercheront son intensité et sa présence énigmatique. Il établira une autre complicité fructueuse, cette fois avec James Gray, un cinéaste ayant trouvé dans les origines multiples de Joaquin Phoenix (né à Puerto Rico en 1974 d’une mère d’ascendance russe et ukrainienne et d’un père au bouillant sang irlandais et espagnol) matière à cinéma. Aux côtés de Mark Wahlberg dans Trahison, il interprète le vieux copain de celui-ci que, par la force des choses, il sera forcé de trahir. Puis, dans La nuit nous appartient, il incarne un gérant de boîte de nuit en cheville avec la mafia russe, qui a maille à partir avec son frère policier (Wahlberg encore). Et enfin, dans Deux Amants, Joaquin se révèle bouleversant dans la peau d’un homme aux prises avec ses démons intérieurs, tiraillé entre deux amours, l’un confortable, l’autre dangereux. Si la carrière cinématographique de Joaquin Phoenix se terminait sur ce film touchant et mélancolique, ce ne serait en rien déshonorant. Par contre, l’acteur n’est pas le premier à prétendre fuir le septième art pour mieux y revenir. Renaîtra-t-il une nouvelle fois de ses cendres? À Hollywood, les paris sont ouverts.
Nouveauté de la semaine
Deux Amants
Cette dernière semble disposée à le secourir et à l’aimer. Mais au même moment, Leonard a le coup de foudre pour sa nouvelle voisine Michelle, une fille à problèmes délurée et excessive. Entre la première et la seconde, le coeur de Leonard ne balance pas.
CE QU’ON EN PENSEBien qu’il donne à première vue l’impression de changer de registre, James Gray poursuit dans Deux Amants une réflexion sur l’appartenance et l’indépendance, déjà au coeur des longs métrages résolument noirs qu’il a signés précédemment (Odessa U.S.A., Trahison, La Nuit nous appartient). Sur le besoin qu’ont les gens de sauver les autres, et par la même occasion de fuir leur propre vie, Gray a tissé un scénario subtil, où le dilemme amoureux du héros prend valeur de quête existentielle. La réalisation feutrée, solide et efficace, met l’accent sur les non-dits et la force intérieure des personnages. Joaquin Phoenix, que Gray dirige pour la troisième fois, est convaincant et attachant en rêveur instable et fragile. |